Hommage à Christian Juin

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Hommage à Christian JUIN

 

C’est à la rentrée d’automne, le mardi 7 novembre 1978, que reprennent les activités du club astro au Beffroi (crée en 1973) à Tours-Nord avec, comme animateurs Michel et Jean Harter et de nouveaux arrivants parmi lesquels Daniel Deneuchatel, Michel Derouet et Christian Juin.

Très vite, en janvier 1979, Christian s’implique dans la construction de l’observatoire de Crotelles. En juin 1981, il entreprend la construction de son télescope Cassegrain de 320 mm qui deviendra ensuite le télescope du club, installé sous la coupole à Crotelles.

En 1983, il participe au traditionnel rassemblement de Pentecôte chez Pierre Bourge qui fut un grand vulgarisateur de l’astronomie en France. De cette rencontre naîtra entre les deux hommes une longue amitié et le partage de nombreux moments astronomiques.

En janvier 1993, il est l’un des artisans de la transformation du club en Société Astronomique de Tours afin d’avoir une liberté d’action par rapport au Beffroi et il en devient le secrétaire.  Il est convaincu qu’un déménagement de l’observatoire vers des contrées sans pollution lumineuse s’impose et, cinq ans plus tard, lors du choix de Tauxigny, il saura convaincre les élus de notre projet et sera le maître d’oeuvre de l’installation de l’observatoire.

Président de la SAT pendant 15 ans, il travaille inlassablement au développement et à la vulgarisation de l’astronomie vers les scolaires et le grand public avec la création d’un emploi d’animateur scientifique en 1999. Il oeuvre aussi pour recourir au partenariat avec des entreprises, ce qui permit, entre autres, d’installer en 2008 deux chemins de randonnée dédiés au système solaire et à l’univers. Enfin, en 2010, la construction d’un planétarium et l’aménagement du moulin de Ligoret par les instances communautaires, départementales et régionales viennent couronner le travail et l’enthousiasme de Christian après de longues années d’effort dédiées à l’astronomie.

En 2013, fatigué, il abandonne la présidence de la SAT et  devient président d’honneur d’une association qui grâce à son action est maintenant solide, dynamique et reconnue par l’ensemble des adhérents, du public et des partenaires institutionnels. Christian nous a quittés le mardi 9 Juin 2015.

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 » MESSIEURS,
Il y a dans le monde deux sortes de gloi-
res. L’une, plus éclatante, est acquise aux
hommes ambitieux qui se placèrent à la tête
des nations, et, entraînant au loin des ar-
mées de combattants, surent répandre le
sang de leurs frères, conquérir des provinces
étrangères, et établir leur puissance et leur
nom sur une base redoutable : sur la raison
du plus fort. L’autre gloire, plus modeste,
appartient aux bienfaiteurs de l’humanité
qui travaillèrent, non pour leur intérêt per-
sonnel, mais pour accroître la somme de nos
connaissances, élever l’esprit humain et l’af-
franchir. C’est de cet ordre d’hommes que je
désire vous entretenir aujourd’hui.[…]

  […]Nous n’avons pu
faire comparaître toutes nos gloires et nous
avons salué seulement les plus exemplaires,
au point de vue du principe de ce discours :
l’éducation de soi-même par la volonté et le
courage. Ce sont là, Messieurs, les héros du
travail que notre cœur autant que notre es-
prit peut suivre sur l’aride sentier du pro-
grès. Nous aimons à inscrire ces noms glo-
rieux sur les étendards de l’armée intellec-
tuelle; ils sont pour nous autant de sujets
d’émulation et de hon exemple. S’il ne nous
est pas donné d’imiter leur génie, imitons
du moins leur conduite. Nous avons chacun
notre rôle; celui-là plus éclatant, celui-ci
plus modeste ; mais l’un et l’autre utiles dans
l’ensemble. Peu importent l’éclat et la re-
nommée: l’esprit généreux n’aspire pas au
tourbillon de fumée d’une gloire passagère.
Il ne donne même pas un trop avide désir à
l’immortalité de son nom : la grande, l’uni-
que ambition est de servir en quelque chose
au progrès de notre temps et à la gloire de
l’avenir ; il n’y a de durable que les vérités
fécondes et les œuvres utiles que nous lais-
sons après nous. Rendons-nous dignes de
servir ainsi la grande cause de l’humanité ;
lorsque notre front fatigué de pensées s’in-
clinera sous le poids de la vieillesse ; lorsque
nos yeux, portes closes de notre âme, se cou-
vriront du dernier voile; lorsque notre pa-
role éteinte ne portera plus à nos frères les
palpitations de notre pensée, et lorsque notre
corps affaibli s’endormira du dernier som-
meil; le plus beau témoignage que l’on
pourra rendre de notre séjour sur la terre
sera encore ces simples paroles :
« Il a passé en faisant le bien. »   « 

Camille Flammarion – « Les Heros du travail » – 1867.

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