Découverte d’un trio de trous noirs: l’intérêt des ondes gravitationnelles est relancé

Nos amis astronomes qui passent leur temps à scruter le ciel ont pu assister à une scène ahurissante: trois trous noirs supermassifs orbitant  l’un autour de l’autre, deux d’entre eux sont situés « seulement » à quelques centaines d’années lumière l’un de l’autre. Le trio, qui se situe dans un duo de galaxies en train de se rencontrer, pourrait aider les scientifiques dans leur chasse sur les déformations de l’espace-temps du aux ondes gravitationnelles.

La plupart des galaxies géantes possedent en leur centre des trous noirs supermassifs, des millions voir des milliards de fois la masse solaire. Si un gaz est capturé par cet objet, il s’échauffe et peut même briller, transformant la région extérieure du trou noir en quasar, dont la luminance peut parfois éclipser une galaxie.Trous_noir_paire

L’astronome Roger Deane de l’université de Cape Town en Afrique du sud, ainsi que ses collègues ont observé un quasar particulier, connu sous le nom de SDSS J1502+1115, dans la constellation du Bouvier. Des astronomes ont relevé que cet objet, situé a 4,3 Milliards d’années lumière de la Terre possédait 2 trous noirs supermassifs, chacun étant le centre d’une galaxie s’effondrant vers l’autre. Ces trous noirs sont au moins à 24 000 années lumière l’un de l’autre.

R Deane souhaitait confirmer leur existence, il a donc utilisé un réseau de dispositifs radio à travers le monde qui lui ont fourni des meilleurs vues que Hubble. Les résultats ont révélé qu’il s’agissait d’un système double de trous noirs. « Nous avons été incroyablement surpris », déclara R Deane.

Si les deux trous noirs découverts sont à égale distance de la Terre, alors ils ne sont qu’a 450 années lumière l’un de l’autre, et orbitent l’un autour de l’autre en 4 millions d’années. Un trio de trous noirs est rare, et tout ceux découverts jusque là possèdent des trous noirs beaucoup plus éloignés. La nouvelle paire est la seconde aussi « serrée » qui est découverte ; il y a une dizaine d’années des astronomes avaient découvert 2 trous noir supermassifs séparés de seulement 24 années lumière.

« C’est agréable d’observer un autre objet », déclare Greg Taylor de l’Université du Nouveau Mexique à Albuquerque, astronome qui a permis de découvrir la première paire de trous noirs. « Avec une seule paire, annonce-t-il, il était difficile d’évaluer la récurrence des pairs de trous noirs rapprochés, ce qui est crucial dans la recherche des ondes gravitationnelles » -prédit par Einstein et la théorie de la relativité générale. Deux trous noirs orbitant a quelques années lumière l’un de l’autre devraient émettre de telles ondes et même générer un sursaut dans les trous noirs se mêlent.

A l’heure actuelle aucun des systèmes paires ne possèdent de trous noirs assez proches pour détecter l’émission d’ondes gravitationnelles. Cependant tous les trous noirs en duo orbitent en spirale, car ils perdent de l’énergie au fur et à mesure que leur gravité expulse les étoiles environnantes. R Deane dit qu’il est encourageant que son équipe ait découvert une paire après avoir cherché dans 6 galaxies seulement. « Soit nous avons eu beaucoup, beaucoup de chance, soit il en existe beaucoup plus que prévu » a-t-il annoncé. La chasse est donc ouverte sur des systèmes très « serrés » pouvant générés des ondes gravitationnelles.

A terme, le trou noir massif de la galaxie d’andromède rencontrera le coeur de notre voie lactée et se formera alors un duo de trous noirs. Pour cela il faut simplement patienter quelques milliards d’années, les ondes gravitationnelles devraient a ce moment là être « à porté de main ».

Joyeux anniversaire Curiosity.

Il y’a tout juste un an sur Mars, curiosity posait ses 6 roues sur le sol de la planète rouge. J’en entends déja me dire « ha, non j’ai vu l’événement en direct et c’etait il y a 2 ans le 6 Aout 2012 ». C’est vrai, mais depuis que Curiosity « vit » sur le sol martien sa nouvelle référence c’est Mars, et cela fait donc 1 an martien que curiosity en sillonne la surface, 687 jours terrestres précisément. Alors:

JOYEUX ANNIVERSAIRE CURIOSITY!!!

curiosity_birthday

 

Par hal9000, il y a

Ondes gravitationnelles: c’est pas gagné.

Les astronomes qui ont annoncé en Mars qu’il avaient des preuves de l’existence d’ondes générées par le Big Bang, adoptent aujourd’hui un discours plus mesuré suite à la publication de leurs résultats.

Dans un papier publié le 19 Juin dans « Physical Review Letters » , les chercheurs de l’observatoire du BICEP2 reconnaissent que les effets de la poussiere en premier plan dans la voie lactée pourrait compter pour une plus grande part -peut-être entierement- que précédemment estimée, dans ce qui semblait être un signal venu de la nuit des temps.

En plus de cela, des présentations qui se sont tenues plutot cette semaine à une conférence sur la cosmologie à Moscou, et basées sur les observations du satellite Planck de l’agence spatiale européenne ont également apporté la preuve que les observation faites au BICEP2 seraient entièrement du à l’effet de la poussière.

Rappelons que John Kovac du Centre de Harvard-Smithsonian pour l’Astrophysique à Cambridge (Massachusetts), a annoncé lors d’une conférence de presse le 17 Mars dernier, des résultats sur ce sujet qui lui ouvrirait les portes du prix Nobel, en parti car il semble confirmer une theorie sur la naissance de l’univers.

Selon cette théorie, proposé pour la première fois en 1980, l’univers a commencé avec un bref mais extraordinaire période d’expansion appelé « inflation cosmique« . Cette inflation aurait généré des ondes gravitationnelles, créant une déformation de la polarisation du « fond diffus cosmologique » (CMB – cosmic microwave background), c’est ce résidu fossile extrêmement faible laissé par le Big Bang que le BICEP2 pensait observer dans le ciel.

Les grains de poussières présent dans notre galaxie pourraient avoir une empreinte de polarisation similaire dans le CMB et semblable aux ondes gravitationnelles. Mais basé sur plusieurs prévisions différentes, les chercheurs ont conclu que leurs résultats allaient plus probablement provenir d’ondes primordiales de gravitation.

Parce qu’une source clé de données n’était pas alors publiquement disponible, la plupart des modèles utilisés par Kovac et ses collègues n’ont pas inclus les informations du satellite Planck, qui a réalisé un scan complet du ciel en micro-ondes entre 2009 et 2013.

L’équipe BICEP2 a vraiment utilisé un modèle  basé sur des données préliminaires du satellite Planck , mais d’autres scientifiques, y compris Rafael Flauger de « Institute for Advanced Study »  à Princeton, New Jersey, a suggéré que les chercheurs aient mal interprété des informations et qu’une analyse correcte suggère que la poussière puisse représenter beaucoup ou tout le signal . L’équipe BICEP2 a maintenant exclu ce modèle de son analyse à cause « de l’incertitude inquantifiable, » notent les chercheurs en marge de leur article.

Mais les autres modèles utilisés par l’équipe BICEP2 sont aussi fortement incertains, et basés sur les évaluations plus vieilles de poussière qui ne vont probablement pas être correctes, note le cosmologue Uros Seljak de l’Université de Californie, Berkeley, co-auteur dans un autre journal, critique d’analyses du BICEP2.

Les membres de l’équipe disent qu’ils croient toujours que des vagues de gravitation sont l’explication la plus probable du signal qu’ils ont détecté avec le télescope à micro-ondes basé au pôle antarctique, BICEP2. Cependant, dans leur article,  les auteurs notent que les modèles qu’ils ont utilisé pour analyser leurs données « ne sont pas suffisamment contraints par des données publiques externes pour exclure la possibilité d’émission de poussière assez brillante et expliquer entièrement le signal excessif ».

La contribution de la poussière « semble être quelque peu plus importante que les modèles pré-Planck  prévus, » dit le membre de l’équipe BICEP2 JAMIE BOCK de « California Institute of Technology » et « NASA’s Jet Propulsion Laboratory », les deux basé à Pasadena. « Nous soutenons toujours que les données obtenues ne sont pas le fait unique de l’interprétation de la poussière, » et d’ajouter,  » ce qui confirme ce que nous avons dit sur ce sujet concernant la poussière en Mars. »

Le Cosmologue David Spergel de » Princeton University in New Jersey » dit qu’il est heureux que l’équipe BICEP2 ait reconnu la possibilité que l’intégralité du signal pourrait être du à la poussière. Mais l’article, révisé depuis sa parution sur le dépôt arXiv.org le 17 mars, « est toujours quelque peu erroné », dit-il. « Je crois que la communauté de cosmologie reconnaît maintenant que nous devrons attendre Planck pour une découverte des ondes gravitationnelles ou la clarification à laquelle ce signal serait dû à de la poussière polarisée, » dit-il.

Les cartes définitives de Planck ne seront pas publiées avant Octobre. Mais à la Moscow cosmology  qui se réunissait le 16 juin, l’astronome Jean-Loup Puget (Planck) de l’Université de Paris-Sud à Orsay a rapporté de nouvelles découvertes qui suggèrent que la poussière joue un rôle majeur dans la partie sud du ciel examiné par BICEP2. Les analyses précédentes de Planck  n’ont pas montré la quantité de polarisation du à la poussière dans cette partie du ciel ou d’autres régions de la Voie lactée à cause de la rareté relative de poussière et le signal bas comparé au bruit dans ces régions.

En utilisant pour la première fois les cartes du satellite Planck les plus récentes disponibles, Jean-Loup Puget et ses collaborateurs ont directement examiné la polarisation de poussière dans ces régions galactiques plutôt que d’extrapoler dans les régions plus poussiéreuses dans le plan de la Voie lactée. Jean-Loup Puget a dit qu’un article détaillant ces découvertes serait publié dans environ six semaines.

Il y a toujours un espoir, dit Seljak, que l’équpe du BICEP2 a observé le vrai signal. » Mais à ce stade cela ressemble plus à une conviction, plutot qu’un argument »

Par hal9000, il y a

Hubble au secours de New Horizons

New Horizons, la mission de la NASA aux limites du système solaire, va être secouru par le télescope Hubble à la recherche desesperé d’un corps glacé que la sonde devra survoler après son passage aux abords de Pluton en Juillet 2015.

En l’équipe en charge de la mission est pour le moment dans l’impossibilité de trouver un corps convenable à la seconde partie du programme New Horizons qui, après le survol de Pluton doit aller étudier un objet de la ceinture de Kuiper (KBO – Kuiper Belt Object). En effet la recherche précoce peut avoir un effet majeur sur la consommation d’énergie de la sonde. Plus la destination sera trouvée tôt et plus une trajectoire « idéale » sera économique en énergie.

Hubble devrait donc débuter cette semaine sa nouvelle mission d’une 40 d’orbites autour de la Terre, rappelons-le, le télescope spatial met a peu près 97 min pour faire une révolution autour de la Terre, mais évidement seule une soixantaine de minutes seront réellement utilisables puisque à certain moment la Terre masquera la zone de recherche.

La recherche de cet objet se fera évidement dans la zone accessible par les propulseurs de la sonde. Un comité d’allocation du temps (d’utilisation de Hubble), le TAC (Time allocation Committee) constitué de 18 astronomes ont d’ores et déjà attribué 120 révolutions supplémentaires si la recherche d’une série de candidats se révèle fructueuse, et 30 de plus si un vainqueur est désigné afin d’ajuster au mieux son approche par New Horizons.

Le problème majeur est que la zone de recherche se trouve exactement dans un endroit ou passe le centre de la voie lactée rendant de fait difficile le repérage d’un KBO qui se trouve alors masqué par la lueur du coeur de notre galaxie. Des recherches avaient déjà été menées sur différents sites d’observation sur Terre mais sans résultat probant. Hubble devrait donc ouvrir un nouvel espoir pour l’équipe en charge de la mission. En réalité le programme « New Horizons » a eu les yeux plus gros que le ventre, car lorsque la sonde fut lancée en 2006 on pensait alors à ce moment là que les KBO existaient en plus grande quantité.

Avec un temps d’occupation extrêmement rempli, certains observateurs s’inquiètent du fait que le TAC refuse tout simplement de prolonger le temps nécessaire à la découverte d’un corps gelé pour New Horizons. Cependant le problème a attiré l’attention du sous-comité du Sénat en charge des approbations scientifiques et dirigé par le sénateur Barbara Mikulski dont l’état comprend à la fois le STScl (Space Telescope Science Institute) et le laboratoire de physiques appliqués de l’université  Johns Hopkins. Un rapport a donc été validé en début de mois afin d’approuvé un budget de la NASA pour mené à bien cette mission.

 

Les N.A.T.- J+3 (Samedi)

Samedi 31 Mai, dernière grande journée marathon… Les N.A.T. c’est du sérieux, les participants montrent déjà un état de fatigue avancée. Certains pensaient peut-être passer des vacances cool à siroter des téquilas les doigts de pieds en éventail, il n’en est rien.

La journée débute avec l’intervention de Thierry Bonnin de l’ANPCEN ( Association Nationale pour la Protection du Ciel et de l’Environnement Nocturnes). Notre ami et membre de la SAT était en terrain conquis. Il est en effet inutile de convaincre un astronome des bienfaits des nuits sans lumière mais au-delà de l’activité des astronomes, ANPCEN milite également pour l’environnement (animaux nocturnes et flore) ainsi que pour l’économie en terme d’énergie. Une association qui mérite à coup sûr une oreille plus attentive.

Les N.A.T. ne sauraient exister sans ses organisateurs, ses intervenants et ses participants bien sûr mais elles n’auraient pu être ce qu’elles sont sans le concours actif de la commune de Tauxigny, du Conseil Général d’Indre-et-Loire et sans la participation du journal « Astronomie Magazine ». Ce fut donc au tour de leurs représentants respectifs, Mr Claude Leroux, adjoint au Maire de Tauxigny, Carine Souplet pour Astronomie Magazine puis Pierre-Jean Mercier Vice-Président de la Société Astronomique de Touraine, de prendre la parole puis se fut le vin d’honneur.

Le début d’après-midi reprend avec la seconde partie sur la spectroscopie avec David Antao : Le traitement de l’image après une première partie consacrée hier a la prise de vue du spectre.

Vient l’atelier d’Eric Marie (Skyvision) sur le nettoyage d’un miroir et sur la collimation. Certains y ont découvert comment démonter, nettoyer et remonter un miroir sans l’endommager et une méthode permettant le réalignement délicat de l’ensemble des optiques : la collimation.

Carine Souplet (Astronomie Magazine) a, quant à elle, présenté la partie artistique mais néanmoins très sérieuse du dessin astronomique. C’est en réalité un domaine de l’astronomie amateur qui se révèle être très complet. C’est aussi la première des techniques depuis l’antiquité qui a permis de représenter le plus fidèlement possible ce qui était observé. Lorsqu’elle est maîtrisée, cette technique apporte autant de détails que la photo astro.

Ensuite, de nouveau, la parole est à David Antao pour nous présenter sa troisième et dernière partie sur la spectroscopie. Cet exposé nous a présenté l’histoire de la spectroscopie depuis Newton jusqu’à aujourd’hui. David nous a ensuite expliqué en détail la nature des raies spectrales, raies d’absorption ou de diffusion. Une présentation complète afin de refermer ce grand chapitre sur la spectroscopie.

C’est Régis Le Cocguen, Technicien à l’observatoire de Meudon-Paris, spécialiste du soleil, qui clôture cette 2ème édition en passant en revue les dernières connaissances sur notre étoile : Cycle du soleil, les « couches » qui le composent, les granulations, les éruptions solaires et leurs formations, les différentes longueurs d’onde d’observation et leurs intérêts. Puis Régis nous a présenté ses travaux avec le spectrographe à la tour solaire de Meudon. Une vision de notre soleil très spectaculaire.

Et puis le Graal, enfin. Un ciel dégagé, sans aucun nuage, une voie lactée visible dans le Cygne à l’Ouest, la récompense de ce long week-end, une nuit complète à observer. Tous les instruments étaient à la fête. Pour nous à l’observatoire se fut une nuit exceptionnelle notamment par la présence d’instruments tout à fait particuliers qui nous ont offert une vision de notre univers complètement différente de ce que nous observons habituellement. Un moment particulièrement savoureux.

Voici quelques photos:

Les N.A.T.- J+2 (Vendredi)

2ème journée pour les NAT . Tout se déroule parfaitement bien et l’évènement a trouvé son rythme de croisière. Les ateliers s’enchaînent à bon train, tous les intervenants adoptent naturellement une « vitesse horaire » qui cadre parfaitement avec le planning prévu.

La journée a débuté avec la première partie sur la spectroscopie présentée par David Antao, qui de nouveau a fait partager ses connaissances sur la meilleure façon de prendre un spectre en utilisant au choix un simple filtre à réseaux, l’Alpy 600 ou le Lhires III tous deux de chez « Shelyak instruments« , puis il a commencé à aborder le traitement grâce à l’excellente application de C. Buil : Isis. La première partie s’est achevée sur la manière de renseigner les cases, la suite sera donc à découvrir au prochain atelier.

Pas de répits pour les élèves, c’est Pascal Le Dû qui a assuré la relève en nous expliquant comment on pouvait, même en étant astronome amateur, découvrir de nouveaux objets dans le ciel, notamment des nébuleuses. Il est d’ailleurs lui-même à l’origine de la découverte de lDû1. Il nous a présenté sa méthodologie, et les instruments qui lui permis cette extraordinaire expérience.

Christophe Pellier a, immédiatement derrière, présenté le traitement photo planétaire. Il a principalement axé son atelier sur Autostakkert et Registax deux logiciels bien connus des astronomes amateurs, et les précisions de Christophe ont permis de révéler quelques bottes secrètes pour chacune des applications et certains paramètres jusque là inexploitées ont trouvé une justification auprès de leurs utilisateurs.

Le temps d’un apéritif et d’une collation et c’est autour de J-L Gangloff de venir nous présenter son incroyable réalisation : un observatoire pilotable à 100% depuis n’importe quel ordinateur et ceci de partout en France (et dans le monde). J-L fait partie de cette catégorie qu’on peut qualifier de « gentil fou-furieux ». Sa présentation a marqué les esprits, si vous êtes à la recherche de quelqu’un capable de vous renseigner sur la réalisation à 100% d’un système automatisé – coupole et télescope – ne cherchez pas plus loin Jean-Luc est la personne idéale, sa bonne humeur et son énergie cache un bricoleur de génie et qui  » ne transige pas avec la sécurité du matériel » (dixit J-L).

Michel Derouet a pris le relais, ce fut également pour les NAT le moment d’inaugurer l’apero-conférence. Qui n’a jamais assisté à une conférence de Michel (membre SAT) ne connait pas « l’esprit SAT » associant une présentation soignée et sérieuse sans oublier les anecdotes hilarantes.  Passionné à la fois d’astronomie -évidement- et de cactées, il a mené sur un peu plus de 5 ans une très sérieuse expérience mêlant germinations et influence de la Lune selon les concepts biodynamiques. Ses conclusions sont sans surprise mais aussi sans appel.

Ce fut une nouvelle fois le moment de prendre un rafraîchissement (oui, il fait très chaud au NAT : les cerveaux fument), et un dîner et la soirée s’est achevée avec la très belle présentation de Patrick De Luca, maître de conférence en géologie à la faculté de Tours (membre SAT). Il a d’ailleurs participé au mois d’avril à l’élaboration d’un article sur la géologie de Mars avec la revue « Astronomie Magazine », notre partenaire. Une fois de plus – et sans surprise oserais-je rajouter- Patrick nous a fait un exposé extrêmement détaillé (+ 2h00) sur la géologie de Mars précisément, venant ajouter de nombreuses précisions à l’article paru, les failles, les cratères et leurs et leur « curiosity » selon l’âge géologique. Les  formations géologiques et leurs curiosités (!) en tous genres n’ont plus de secrets pour les participants.

Le ciel un peu bouché, il faut bien le reconnaître, a laissé la place à une nuit douce et agréable où chacun a pu partager ses secrets d’astronome.

A suivre….

Les N.A.T.- J+1 (Jeudi)

La première journée s’est soldée par une nuit avec des nuages laissant apparaître de temps à autres de petites zones claires qui ont tout de même autorisé l’observation de mars. Retour sur une journée menée tambour battant. La journée s’est ouverte sur un atelier astrophoto et les différentes techniques et modèles de capture avec ou sans roue à filtre. Le logiciel Prism a été passé en revue. C’était au tour de la sphère armillaire de faire sensation. La superbe réalisation de notre ami Michel a, une fois de plus, fait chavirer les coeurs. Sa présentation a conquis l’auditoire qui découvrait pour la première fois – en tout cas pour beaucoup- un outil connu depuis l’antiquité et dont la principale fonction est de déterminer la position du soleil tout au long de l’année en fonction du lien d’observation. La sphère présentée était également équipée des principales constellations du ciel boréal et austral. Une petit pause a permis de reposer les esprits avant d’enchaîner sur la conférence du Professeur P. Arbeille. Un personnage hors norme, qui a su ravir l’assemblée présente au grand complet pour nous expliquer ses travaux sur les différents site de lancement : Baïkonour, cape Canaveral et Cayenne. Sachant à la fois présenter ses implications dans la médecine spatiale et les situations cocasses qu’il a pu rencontrer au cours de ses très nombreuses missions en compagnie des astronautes, cosmonautes, spationautes et même taïkonautes (chinois). Nous nous attendions à un personnage rigide, rigoureux et extrêmement pointu, c’est un personnage truculent, jovial, à portée de tous et prenant le temps des explications auquel nous avons eu droit. Le temps de prendre rapidement un dîner et la soirée s’est poursuivie par l’exposé de Alain Doressoundiram, Astrophysicien à l’observatoire de Meudon-Paris, venu nous présenter son domaine de recherche : les comètes et astéroïdes. Encore une fois, la brillante présentation nous a permis de découvrir les dernières avancées dans ce domaine et de mieux comprendre l’existence de ces corps qui peuvent nous paraître parfois si étranges. Nous avons eu droit à une description complète de la composition des comètes, leurs rôles pendant la formation du système solaire et l’incroyable richesse que renferment ces objets célestes. Impossible de parler des astéroïdes et comètes sans aborder Cérès , Pluton, les transneptuniens et autres centaures, la ceinture de Kuiper et le nuage d’Oort ont pris hier soir une tout autre signification. Quelques photos de cette journée :

Les N.A.T., c’est parti !!!

12h30: Le compte à rebours a fini d’égrainer les secondes qui nous séparaient de l’ouverture de cette 2ème édition. Cette fois nous y sommes, les NAT sont officiellement ouvertes, et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, le soleil pointe enfin le bout de son nez. Les préparatifs se sont achevés hier soir, et les bénévoles présents ont célébré l’événement.

Ce matin (et même hier soir) les premiers inscrits ont planté les tentes, calé les camping-cars et déjà monté les instruments. Tout est prêt pour accueillir les astronomes venus des 4 coins de nos belles régions de France.

Le site couvrira autant que possible tous les événements prévus, ce sont actuellement plus d’une quinzaine d’activités qui ont été programmées, répartis en conférence, ateliers, planétarium, astroc, exposants etc… Nous ferons tous les matins un point sur la journée de la veille.

Voici la galerie photo d’hier soir et ce matin :

De Galilée à Jupiter – mise à jour

Cette article comporte une mise à jour signalée.

Si il est un astronome connu de tous les amateurs et plus largement du grand public c’est bien Galilée. Galilée est surtout connu dans le monde des astronomes pour être le premier à avoir pu observer les satellites de Jupiter et surtout, c’est là sa grande prouesse, d’avoir su transposer cette mécanique au système solaire, venant de fait appuyer la théorie de Nicolas Copernic qui avait quelques années auparavant expliquer le mouvement rétrograde des planètes en adoptant un système héliocentrique et non géocentrique comme c’était le cas depuis Aristote et ses fameuses sphères de cristal.

lunette_galilee

Ici une des nombreuses lunettes réalisées par Galilée.

Evidement inutile ici de refaire une énième biographie du célèbre scientifique, il en existe pléthore sur internet et dans toutes bonnes encyclopédies qui se respectent, et rivalisant les uns avec les autres de détails croustillants prêtant même à l’homme des phrases à priori apocryphes ( « E pur si muove »).

Ce qui serait en revanche amusant aujourd’hui serait, a titre posthume, de montrer a Galilée ce qu’il a observé, qu’il prenait pour des etoiles « médicéennes » (du nom de la famille Médicis) et que Johannes Kepler, qui vécut exactement à la même époque que Galilée, a appelé « Sattelites » (satelles – compagnon, gardien). Avec la technologie d’aujourd’hui c’est une chose tout à fait possible à faire. Il suffit pour cela d’utiliser Stellarium – disponible gratuitement sur internet et en téléchargement dans les archives de notre site- en se replaçant à l’époque d’observation de Galilée dans les même conditions: grossissements, configurations des satéllites.

Pour cela il suffit de s’appuyer sur les observations de l’astronome qui, en bon scientifique avait l’habitude de noter absolument toutes ses observations et dont il publia un recueil: Sidereus Nuncius, litteralement « l’annonceur sideral » mais plus connu sous le nom du « Le messager des étoiles » (traduit ici en anglais).

Rendons nous directement à la page 38 pour y decouvrir les fameuses observations. Une fois de plus la perspicacité de Galilée fait qu’il note le jour et même l’heure d’observation, Galilée notait les heures d’observation à partir du coucher du soleil. Nous savons également qu’a cette époque Galilée est professeur à l’université de Padova (près de Venise). Les conditions sont presque toutes remplies pour pouvoir tenter l’expérience: le lieu, la date du jour d’observation et l’heure (On the 7th day of January in the present year, 1610, in the first hour of the following night… – Le 7 Janvier de cette année-ci, 1610, a la premère heure de la nouvelle nuit -le soir une heure apres le coucher du soleil…) , mais Il nous manque une information capitale: la lunette. D’apres les quelques exemplaires qui sont aujourd’hui visibles dans les musées nous savons que Galilée a réalisé des instruments capables d’un grossisment d’environ 20 à 30 fois avec un champ d’environ 15′ d’arc (0,25°) fabriquée avec des lentilles convexe, ces derniers détails ont leurs importances car selon les cas de figures  le pouvoir séparateur des instruments ne permettait à Galilée de discerner 2 satellites trop proche l’un de l’autre, et 15′ d’arc c’est tout juste suffisant pour observer l’élongation maximum de Callisto  . Voila cette fois la liste est complète, tentons cette expérience.

Le 7 Janvier 1610 aux premieres heures: (cliquez pour agrandir)

Voici ce que Galilée relève: (ori: orient=Est / Occ:occident=Ouest)

SN_7Jan1610

 

Le même moment avec Stellarium:

Stell_7Jan1610

 

En superposition:

Superposition_7Jan1610

Il est amusant de constater que la superposition de Io et Europe ait pu tromper l’oeil du maître ne croyant ainsi distinguer qu’une seule et même « étoile ». Nous pouvons évidement renouveler l’expérience autant de fois qu’il existe de croquis.

Prenons par exemple le 13 Janvier 1610, date à laquelle Galilée put observer pour la première fois les 4 satellites simultanément:

Superposition_13Jan1610

 

Encore une fois les relevés faits par Galilée se montrent particulièrement juste, et les remarques non moins judicieuses:

« II y en avait trois à l’ouest et une à l’est ; elles formaient presque un alignement, car l’étoile médiane du groupe des occidentales déviait un peu de la ligne droite vers le nord. La plus orientale était éloignée de Jupiter de deux minutes, les distances des autres et de Jupiter étaient séparées chacune d’une minute seulement. Toutes les étoiles avaient la même grandeur et, quoique petites, elles étaient cependant très brillantes et avaient beaucoup plus d’éclat que les étoiles fixes de la même grandeur. »

[MISE A JOUR:

La curiosité m’a poussé a tenté l’expérience mais cette fois-ci avec « Celestia » un autre logiciel gratuit lui aussi et également disponible sur internet et dans nos archives; et voici le résultat de cette comparaison (cliquer pour agrandir):

celestia_13011610_combined_compared

Voici donc en projection la véritable configuration des satellites de Jupiter ce fameux soir du 13 Janvier 1610. ]

Mais ce qui est surtout remarquable c’est que Galilée a su garder un oeil critique, être toujours rester objectif et ne pas se laisser dominer et influencer par ce qui était à l’époque une vérité divine. Plus encore, Galilée fit le rapprochement entre les astres de Jupiter et les planètes du système solaire comme il le décrit lui-même à cette époque:

[…] »J’ai noté tous ces repérages de Jupiter et de ses planètes par rapport à l’étoile fixe afin que, grâce à eux, chacun puisse comprendre que la progression de ces dites planètes, soit en longitude soit encore en latitude, s’accorde parfaitement avec les mouvements dérivés des tables.

Voici donc les observations des quatre planètes médicéennes, récemment, et pour la première fois, découvertes par moi. À partir de ces observations, et malgré qu’il ne m’ait pas encore été possible de calculer leurs périodes, il est permis d’énoncer
certaines remarques dignes d’attention.

D’abord, puisque, soit elles suivent, soit elles précédent Jupiter à des distances analogues, qu’elles ne s’en écartent, tant à l’est, qu’à l’ouest, que d’intervalles très limités, et qu’elles l’accompagnent dans son mouvement rétrograde comme dans son mouvement direct, on ne peut douter qu’elles poursuivent leurs révolutions autour de lui, tandis qu’elles effectuent ensemble leur révolution en douze ans autour du centre du monde.

De plus, elles tournent sur des cercles inégaux, ce qui se déduit clairement du fait que dans les plus grandes élongations, loin de Jupiter on ne peut jamais voir deux planètes en conjonction, alors que près de Jupiter elles sont parfois serrées,
à deux, à trois et parfois toutes ensemble.

On comprend également que les révolutions des planètes qui décrivent les cercles les plus étroits autour de Jupiter sont les plus rapides. En effet les étoiles les plus rapprochées de Jupiter sont assez souvent observées à l’est quand la veille elles étaient à l’ouest, et vice-versa. En outre l’examen soigneux de ces révolutions montre que la planète qui parcourt la plus grande orbite semble revenir à son point de départ en un demi-mois.

En plus, nous avons ici un magnifique et très clair argument pour ôter tous scrupules à ceux qui, tout en admettant la révolution des planètes autour du Soleil dans le système copernicien, sont troublés par la durée du tour que fait la Lune autour de la Terre, alors que toutes deux accomplissent un circuit annuel autour du Soleil au point qu’ils jugent que cette organisation de l’univers doit être rejetée comme impossible. En effet, à présent, nous n’avons pas seulement une planète qui tourne autour d’une autre, tandis que l’une et l’autre parcourent une grande orbite autour du Soleil, mais nous observons quatre étoiles tournant autour de Jupiter comme la Lune autour de la Terre, tandis que
toutes ensemble avec Jupiter, elles parcourent leur orbite autour du Soleil, en douze ans. Enfin, il faut rechercher la raison pour laquelle il se trouve que les astres médicéens, quand ils accomplissent autour de Jupiter leurs rotations très resserrées, semblent parfois doubler de grandeur. »[…]

Remarquable non? Comment ne pas être à la fois admiratif et sidéré devant tant de déductions plus intelligentes les unes que les autres?

Je ne sais pas si on pouvait dire de Steve Jobs que c’était un visionnaire et que son iPad a révolutionné le monde? Mais une chose est certaine: Galilée était un génie qui a permis aux Hommes d’avoir une vision plus claire et juste du monde dans lequel ils vivent.

 

Retrouvez ici l’intégralité des publications « Siderius » gracieusement mis en ligne par l’observatoire de Lyon en collaboration avec la Société Astronomique de Lyon.

Les N.A.T. çà se précise.

Les préparatifs vont bon train a l’observatoire du Ligoret (Tauxigny). Samedi dernier nos membres ont donné un coup de main pour aménager le site afin de recevoir les participants pour la 2eme édition des Nuits Astronomiques de Touraine.

Peinture, nettoyage, ponçage, lasurage, aménagement des équipements electriques, informatiques, sanitaires tout-ou presque- a été passé au crible.

Il faut bien reconnaître que le temps était propice à une 2eme journée de grand nettoyage (la première ayant eu lieu 1 mois plus tôt), histoire de déloger nos amies les araignées des recoins sombres où elles avaient trouvé refuge pour l’hiver. les instruments ont pu être révisés au grand jour et la mécanique vérifiée. Tout est prêt, enfin presque et le site n’attend plus que ses festivaliers, nos membres et les intervenants pour enflammer les nuits et entamer notre grand voyage de 4 jours à travers les planètes, les étoiles, les nébuleuse et autres galaxies.

Le soir venu, nous avons pu partager une repas bucolique avec le groupe de découverte -une trentaine de personnes- mené à vive allure à travers le parcours du système solaire (6km) par notre vice-président Christian, intarissable d’explications et de précisions en tout genre, exigeant avec lui-même il veut être partout, expliquer tout à tout le monde il sait faire partager au public notre passion, sa bonne humeur communicative laisse toujours à nos visiteurs un souvenir impérissable de leur passage sur notre site. Les estomacs une fois repus, c’est sur une séance d’observation que la journée s’est achevée toujours en compagnie de Christian et son groupe. Nous sommes tous rentrés épuisés, l’esprit un peu embrumé par le vin de Touraine, des étoiles au fond des yeux avec ce sentiment d’avoir une fois de plus passé une belle journée……. sur Terre.

Merci à Angélique pour ses photos

SAT – Mai 2014.

Par hal9000, il y a