Derniers articles :
  • Des nouvelles de Voyager 2 … -publié le :

    Au-delà de l’héliopause On a mesuré pour la première fois « in situ » et dans de bonnes conditions, la position exacte de l’héliopause qui est la frontière entre l’influence électromagnétique du Soleil et l’espace interstellaire. En effet, Voyager 2, parti il y a 43 ans, fonctionne toujours. Toujours écouté par des antennes de plus en plus sensibles, il a franchi l’héliopause, fin 2018 à 120 u.a de la Terre en mesurant une chute drastique de la densité de particules solaires et une augmentation corrélative des rayons cosmiques galactiques. La preuve la plus évident du changement d’environnement de la sonde vient de son détecteur plasma PLS (Plasma Science Experiment), celui qui justement est en panne à bord de Voyager 1. En effet, jusqu’à récemment, la sonde était entourée principalement des particules du vent solaire. C’est seulement début Novembre 2018, que celui-ci a drastiquement décru. Soudainement il n’y eut plus de vent solaire, signe que Voyager 2 avait quitté l’héliosphère (voir graphique ci-dessus). On détecte maintenant des rayons cosmiques galactiques, beaucoup plus dangereux d’ailleurs que le vent solaire. On a encore beaucoup à apprendre et on continue de suivre les Voyager pour en apprendre plus sur notre environnement spatial. Les signaux des Voyager (comme ceux des autres sondes spatiales lointaines) sont recueillis par les antennes du DSN (Deep Space Network) placées idéalement en trois endroits de la Terre : En Californie, à Madrid et à Canberra. Pierre-Jean Mercier | 26 Novembre 2020

  • Dernières nouvelles de mars -publié le :

    Francis Rocard L’homme sur Mars, on en parle de plus en plus, mais les défis sont immenses. Où en est-on exactement ?Francis Rocard, responsable des programmes d’exploration du Système Solaire au CNES, fait dans ce livre un tour d’horizon de ce qui reste à faire pour que cette “mission du siècle” devienne un jour réalité. La réponse, ne nous le cachons pas, est que ce reste-à faire est colossal.L’intérêt du livre, d’une grande clarté et d’une grande rigueur, facile à lire et condensé, est de tout mettre sur la table et de faire l’état des lieux de tous les chantiers à poursuivre ou à ouvrir. Le problème du voyage tout d’abord : le défi psychologique immense qu’il représente, les dangers des radiations, le lanceur, la conception de la capsule. La logistique à déployer sur le sol martien, base, combinaisons, ressources, dans un milieu hostile encore largement inconnu. Et la nécessité d’exploiter les ressources martiennes car il est inenvisageable d’embarquer la totalité de ce qu’il faut pour le voyage, le séjour et le retour. Il faudra donc produire sur place, au minimum, de l’eau, de l’oxygène et des ergols pour le voyage retour.Cette aventure, nous y sommes, elle a déjà commencé. Aujourd’hui six orbiteurs tournent autour de Mars, et deux engins en activité l’explorent en surface, un robot et une sonde fixe. Deux autres robots et un orbiteur, lancés en juillet dernier, font route vers Mars qu’ils atteindront en février prochain. Plusieurs missions sont en préparation pour la décennie 2020.Toutes ont pour but de mieux connaître Mars pour préparer les prochains défis. L’aventure sera longue et se fera étape par étape, contrairement aux missions Apollo où tout fut planifié en même temps, mais avec un coût démesuré et un risque très élevé, inenvisageables aujourd’hui.L’homme sur Mars, malgré les annonces tonitruantes d’Elon Musk, ne paraît pas réalisable avant la deuxième moitié du XXIème siècle, et ce serait déjà un exploit.À suivre et en attendant, à lire.  Julien Borzykowski En voici un court extrait:

  • Lorsqu’on peut les voir dans le ciel, les comètes sont toujours dans le même sens : leur queue poussiéreuse est dirigée vers le haut. Comment expliquer cette impression que les comètes semblent « plonger » vers la Terre ? Cet été, la comète C/2020 F3 (NEOWISE) est restée visible à l’œil nu dans le ciel pendant plusieurs semaines (voir ci-dessous). Elle ne reviendra pas avant plus de 6 000 ans. Les occasions de voir aussi bien une comète sont assez rares. Si tu as admiré le spectacle, ou simplement vu les plus belles photographies de la comète, peut-être as-tu constaté que l’objet apparait toujours tourné dans le même sens, comme si C/2020 F3 « plongeait » vers la Terre. Autrement dit, sa queue de poussières est dirigée vers le haut. Concrètement, les comètes ne plongent pas vers la Terre au sens littéral — sauf en cas de collision, ce qui est extrêmement rare. Ce qu’il faut comprendre, c’est que  quand on regarde une comète dans le ciel (pendant la nuit), la queue est vers le haut, car le Soleil est couché et est donc en dessous de l’horizon. La queue de poussières que l’on peut voir se dirige dans la direction opposée à celle du Soleil. Les comètes restent, la plupart du temps, très éloignées de notre planète. Elles orbitent sur des trajectoires elliptiques et, pour la très grande majorité, elles ne s’approchent de la Terre qu’à des distances supérieures à 75 millions de km.  Ainsi, au plus près de la Terre, la comète C/2020 F3 est passée à un peu plus de 103 millions de kilomètres. Avant elle, la comète C/2020 F8 (SWAN) est passée à environ 85 millions de kilomètres de notre planète. Encore avant, la comète C/2019 Y4 (ATLAS) s’était quant à elle fragmentée, empêchant son observation à l’œil nu comme espéré. Néanmoins, le sort connu par cet objet n’a pas eu que des inconvénients pour les scientifiques : sa désintégration pourrait nous aider à mieux estimer l’âge des comètes dans le système solaire.