SAIS-TU Pourquoi les comètes ont toujour l’air de “plonger” vers la Terre ?

Lorsqu’on peut les voir dans le ciel, les comètes sont toujours dans le même sens : leur queue poussiéreuse est dirigée vers le haut.

Comment expliquer cette impression que les comètes semblent « plonger » vers la Terre ?

Cet été, la comète C/2020 F3 (NEOWISE) est restée visible à l’œil nu dans le ciel pendant plusieurs semaines (voir ci-dessous). Elle ne reviendra pas avant plus de 6 000 ans.

Les occasions de voir aussi bien une comète sont assez rares. Si tu as admiré le spectacle, ou simplement vu les plus belles photographies de la comète, peut-être as-tu constaté que l’objet apparait toujours tourné dans le même sens, comme si C/2020 F3 « plongeait » vers la Terre.

Autrement dit, sa queue de poussières est dirigée vers le haut.

Concrètement, les comètes ne plongent pas vers la Terre au sens littéral — sauf en cas de collision, ce qui est extrêmement rare.

Ce qu’il faut comprendre, c’est que  quand on regarde une comète dans le ciel (pendant la nuit), la queue est vers le haut, car le Soleil est couché et est donc en dessous de l’horizon. La queue de poussières que l’on peut voir se dirige dans la direction opposée à celle du Soleil.

Les comètes restent, la plupart du temps, très éloignées de notre planète. Elles orbitent sur des trajectoires elliptiques et, pour la très grande majorité, elles ne s’approchent de la Terre qu’à des distances supérieures à 75 millions de km. 

Ainsi, au plus près de la Terre, la comète C/2020 F3 est passée à un peu plus de 103 millions de kilomètres. Avant elle, la comète C/2020 F8 (SWAN) est passée à environ 85 millions de kilomètres de notre planète. Encore avant, la comète C/2019 Y4 (ATLAS) s’était quant à elle fragmentée, empêchant son observation à l’œil nu comme espéré.

Néanmoins, le sort connu par cet objet n’a pas eu que des inconvénients pour les scientifiques : sa désintégration pourrait nous aider à mieux estimer l’âge des comètes dans le système solaire.

À OBSERVER CHEZ VOUS !

Le maximum de l’essaim
de météores des Léonides

dans la nuit du 17 au 18 novembre 2020

L’observatoire de Tauxigny est fermé et, de toutes façons, vous n’avez pas le droit de vous aventurer plus d’une heure par jour et dans un rayon d’un km.

Pourtant, le ciel est partout et les objets faciles à observer ne manquent pas

Alors, si le cœur vous en dit, vous pouvez l’observer de chez vous, de votre balcon, dans votre jardin sur votre trottoir !

Et nous avons une occasion en or pour commencer notre programme : Observer le maximum de l’essaim de météores des Léonides.

MAIS QUÉSACO !

Comme chaque année à pareille époque, la Terre croise sur sa trajectoire les nuages plus ou moins importants de particules de poussières laissées par la comète 55P/Tempel-Tuttle lors de ses approches au Soleil.

Ces poussières sont à l’origine de la pluie d’étoiles filantes des Léonides, dont le radiant (la zone dont semblent provenir les étoiles filantes) est situé dans la constellation zodiacale du Lion.

Les Léonides ont la particularité d’être des étoiles filantes petites, fines et très rapides (vitesse moyenne d’entrée dans l’atmosphère de 71 km/s, alors que les vitesses constatées pour les autres essaims sont plutôt de l’ordre de 15 à 35 km/s). 

Le pic traditionnel d’activité de l’essaim météoritique des Léonides, actif du 06 au 30 Novembre, devrait se produire en 2020 dans la nuit du 17 au 18 novembre. Selon les prévisionnistes, l’activité pour le pic d’activité devrait être de 15 étoiles filantes par heure.

ALORS COMMENT LES OBSERVER ?

À la tombée de la nuit, vers 18 h 00, l’observateur (en France) tourne presque le dos au nuage de débris, vous ne pourrez donc pas les observer. Ce n’est qu’à minuit passé, lorsque, du fait de la rotation de la Terre, vous vous situez face au nuage et à la constellation du Lion., que l’observation est la plus intéressante. D’autant que c’est la Nouvelle Lune ! L’idéal est d’observer au Zenith et vers le Sud-Sud-Est (le radian se trouve plein Est dans la tête du Lion) à partir de minuit (optimal vers 3h). 

A L’ŒIL NU !

L’observation à l’œil nu est le moyen le plus simple pour profiter du spectacle. A plusieurs c’est plus sympa et ça permet de couvrir un champ plus large du ciel en le partageant.

Toutefois, pour ménager vos vertèbres cervicales, il est préférable de s’allonger à même le sol, d’utiliser une chaise longue ou un siège réglable, ce qui vous permettra ainsi de scruter le ciel dans de meilleures conditions.

Un carnet vous sera également utile si vous souhaitez noter vos observations, surtout si vous avez la chance de voir passer un bolide. Enfin, une paire de jumelles sera utile si vous souhaitez observer les traînées lumineuses laissées par les bolides.

OU AVEC UN APPAREIL PHOTO

Si vous voulez photographier l’événement, rien de plus facile ! Un appareil photo (type reflex) muni d’un objectif grand-angle ouvert à f/d 2 réglé sur l’infini, un bon trépied stable et un déclencheur manuel pour éviter les vibrations.

De bons résultats peuvent également être obtenus avec un 50mm ouvert au maximum.  Choisissez de préférence un film rapide de 400 ou 800 ISO.

 Quelle que soit la position du radiant, visez de préférence au zénith, vous aurez ainsi plus de chance de capturer le passage d’étoiles filantes.

N’hésitez pas à faire des poses d’environ 3 à 5 minutes avec une pellicule 400 ISO, surtout si vous êtes loin de toutes lumières parasites.

Si vous souhaitez privilégier la prise de vue des traînées persistantes, utilisez de préférence une pellicule de 800 ISO, avec un temps de pose compris entre 30 et 60 secondes.

Reste plus qu’à préparer le site avec chaise longue, fauteuil, couverture pour 

Une nuit aux belles étoiles !!!

LE PLUS ANCIEN MATERIEL D’ASTRONOMIE

Le profane croit souvent que l’astronomie est affaire de spécialistes, des spécimens un peu farfelus à l’oeilesprit scientifique et tortueux. Ceci s’accompagne de l’idée bien ancrée qu’il faut du matériel cher et difficile à manier. D’autres, plus avertis, savent que c’est dans la nature que les anciens trouvaient leur matériel d’observation : un simple bâton (nommé pompeusement gnomon) est suffisant pour mettre en évidence le mouvement apparent du Soleil.

Pourtant, pendant plus de 6000 ans avant l’invention de la lunette et du télescope l’observation astronomique et toutes les découvertes scientifiques notables se sont faite autour d’un «matériel d’optique» extrêmement sophistiqué à focale et ouvertures variables, et à pouvoir de séparation exceptionnel.

Cet appareil permet la perception des couleurs pour les objets fortement éclairés mais son pouvoir d’adaptation pour les « objets faibles » n’a pas son pareil en noir et blanc.

L’homme moderne le sous utilise et méconnaît ses possibilités. Il ne sait pas que ce matériel permet de lire les gros titres d’un journal à la seule lueur des étoiles sans apport d’énergie externe. Il s’entoure de matériels d’optique de plus en plus performant … mais en bout de chaîne l’OEIL , puisqu’il faut bien finir par dire le nom de ce matériel extraordinaire, L’œil donc, bien ou mal utilisé vous permettra de sublimer ou d’anéantir la qualité des optiques placées entre le ciel et lui.

 °°°

 Pour bien utiliser votre œil en astronomie, il faut bien le connaître :

Tout d’abord la rétine sert de réceptacle aux photons. Elle est constituée de cellules photosensibles dont une partie centrale (les cônes), peu sensible à la lumière, perçoit les couleurs et la partie périphérique, très sensible à la lumière, permet une perception aisée des mouvements. IL FAUT DONC REGARDER LES OBJETS DU CIEL LEGEREMENT DE CÔTE pour les voir « plus brillant » ou détecter plus facilement les objets en mouvement (étoiles filantes).

Le diaphragme de l’œil réagit très rapidement à la lumière « jaune » (celle du soleil), sa fermeture est quasi instantanée par le simple allumage d’une lampe de poche. Il est par contre presque insensible aux rayonnement de basse fréquence (rouge), et il s’ouvre que très lentement dans l’obscurité. Il faut plus de 15 minutes pour obtenir son ouverture maximale. IL FAUT DONC ANTICIPER LES MOMENTS D’OBSERVATION DE 15 MINUTES DANS L’OBSCURITE LA PLUS COMPLETE (seules les lumières rouges sont tolérées).

La qualité de la lentille de l’œil (le cristallin) est déterminée par dame nature, les myopes n’y peuvent rien, sans lunettes correctives le ciel leur reste flou, par contre derrière un télescope ils peuvent se débarrasser de cet appendice en réglant « à leur vue » le porte oculaire : quel confort.

Enfin, l’acuité visuelle (sensibilité à la lumière) est variable d’un individu à l’autre. En moyenne nous pouvons observer des objets de 6ème magnitude et certains atteignent 7 voir 8. Cette acuité varie avec l’heure de la journée (biorythme, la durée d’observation, et … votre alimentation).

Pour l’alimentation on commencera par bannir le tabac et surtout l’alcool dans les heures qui précédent votre observation, on pourra améliorer sensiblement notre acuité (1 magnitude !) en mangeant des carottes (le célèbre carotène se trouve aussi en comprimés), n’est-il pas vrai que les lapins ne portent pas de lunettes !

les observations les plus efficaces se font une heure après le réveil, l’acuité baisse progressivement jusqu’au couché. DORMIR AVANT UNE SOIREE D’OBSERVATION AMELIORE VOTRE ACUITE VISUELLE … et votre résistance au sommeil.

Pour le reste, en regardant durablement (et fixement) un même objet (légèrement de côté) vous verrez progressivement les détails apparaîtrent, vous utilisez dans ce cas la rémanence de la rétine qui se comporte un peu comme un accumulateur de photons.

Voilà, vous connaissez maintenant un peu mieux ce magnifique instrument d’astronomie qu’est l’œil. Vous savez l’entretenir et le régler. Vous pouvez (devez) donc l’utiliser et améliorer vos performances (l’œil s’entraîne comme un muscle).

 VOUS NE VERREZ PLUS JAMAIS LE CIEL COMME VOUS LE VOYIEZ.

Jupiter et Venus se rapprochent

Non, il ne s’agit pas d’une découverte archéologique, mais un rapprochement planétaire assez spectaculaire qui se produira le 30 juin au soir avec un maximum (enfin un minimum devrais-je dire) au alentours de 23h00 UTC+2.

A cette heure-ci -au moment du rapprochement- Jupiter et Venus ne seront “séparés” que d’environ 0,4° c’est moins que le diamètre apparent de la lune. Si le phénomène sera observable a l’œil nu ou dans un télescope (ou autre) la difficulté sera surtout d’obtenir une image nette, car Météo France annonce des températures caniculaires et pour ne rien arranger l’événement sera assez bas a l’horizon (Nord-Ouest) à peine en dessous des 14° au-dessus de l’horizon, donc en résumé une atmosphère épaisse et turbulente en perspective. La photo sera probablement la solution la plus apte (apres traitement) à faire ressortir en detail cet événement, enfin reste à voir. Au final un bel événement à observer et un joli challenge a relever pour les astro-photographes.

Mais ne nous décourageons pas, après tout l’astronomie c’est aussi des épreuves à relever au quotidien.

A L’OEIL NU

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DANS UN TELESCOPE

Venus-Jupiter30062015_telescope

Par hal9000, il y a

Rosetta-Philae, une page de l’Histoire et une incroyable épopée

J+3. L’effet “Philea” est retombé. 3 jours après cet événement d’une ampleur sans précédent depuis des années (des décennies?) dans l’histoire de la conquête spatiale que faut-il retenir de tout cela alors qu’au moment ou nous lisons ces lignes ce “petit” robot semble s’être endormi?

Assurément la conquête spatiale vient de franchir un pas, un de plus après Neil Armstrong sur la Lune, Les sondes Vénéra sur Venus, Huygens sur Titan et les rovers de Mars. Il faut bien se rendre compte que cette fois-ci la barre était haute et même “très” haute, imaginez qu’une équipe de fous munie d’un canon à Los Angeles doit viser, atteindre et mettre en orbite un petit pois autour d’une voiture qui se déplace à 18km/s à New York ; imaginez ensuite qu’une autre équipe toute aussi folle doit relever le challenge de faire atterrir une plume sur l’aile d’un 747 en plein vol en s’aidant simplement de la gravité de l’avion et de 2 petites aiguilles !

Ce sont pourtant les 2 prouesses qui ont été relevées l’une le 6 Août 2014 quand Rosetta s’est mise en orbite autour de la comète, et dans un deuxième temps ce fameux 12 novembre 2014 qui est maintenant une date historique, lorsque pour la première fois de l’histoire, l’Homme a posé un engin à la surface d’une comète. Pensez qu’il n’y a que 100 ans (en 1914) nous savions à peine faire voler des avions. Quelle avancée technologique! quel bond en avant pour le bien universel. Évidement cela ne résout en rien les conflits dans le monde ou la misère, mais cet événement a le mérite d’exister, et de nous prouver à nous même que l’Homme est capable d’accomplir de grandes, voire même de très grandes choses, et dans la période économique difficile que nous traversons tous, c’est un formidable message d’espoir envoyé pour l’avenir.

12 Novembre 2014 à 17h04, la date est maintenant historique, et après un acometissage (terme consacré par la presse spécialisée) l’ESA envoie ce message sur twitter de la part de Philae: “Touchdown! My new address: 67P!” (Contact! ma nouvelle adresse: 67P!). Mais nous le savons maintenant les choses ne se sont pas tout à fait déroulées comme prévues. Les 2 harpons sensés “agripper” Philae à la surface de la comète n’ont pas fonctionné, la capsule de gaz à froid qui devait aider à “plaquer” le module à la surface ne s’est pas déclenchée, et pour finir en conséquence de cela le module à finalement rebondi. Mais le hasard faisant bien les choses et d’après les explications des scientifiques il est apparu que “la chute” de Philae ait été en grande partie absorbée par la surface très molle de la comète (comme un poids amorti par un matelas en mousse) ne faisant finalement rebondir le petit robot que très légèrement lui laissant une seconde chance de se poser un peu plus loin.

Et c’est ce qui s’est passé, une attente interminable pour la communauté scientifique avant d’avoir la certitude qu’au final Philae s’est correctement stabilisé à la surface. Malheureusement Philae n’a pas atterri à l’endroit escompté et les conséquences sont réelles: non seulement l’orientation du module ne lui permettra pas d’optimiser son taux d’ensoleillement- de 6h prévu initialement, 1h30 en réalité maintenant- afin de recharger ses piles, mais cet arrimage délicat rend toutes les analyses prévues périlleuses, et surtout les forages capables d’éjecter le module dans l’espace (Philae ne pèse guerre plus d’un gramme sur la comète, contre 100 kg sur Terre).

Mais le bilan est plutôt positif puisque Philae a finalement pu accomplir 80% des analyses prévues (source ESA) et nous a fait parvenir des photos de la surface d’une comète d’une valeur inestimable. A l’heure actuelle (samedi 15 novembre – 9h00) il semble que Philae soit entrée dans une phase de sommeil puisque sa pile principale s’est épuisée. Mais tout espoir n’est pas perdu de reprendre contact avec lui, les scientifiques pensent même pouvoir reprendre le cours des analyses l’été prochain lorsque la comète croisera le soleil au plus près, fournissant ainsi plus d’énergie à Philae.

A l’heure actuelle nous attendons encore le résultat des analyses qui ont pu aller à terme et transmis à Rosetta, et quels que soient ces résultats, la mission Rosetta-Philae aura eu au moins le mérite d’attirer tous les regards sur Terre, d’effacer le temps d’un moment toutes nos différences, partager avec nous une part de rêve, nous tenir en halène dans une aventure digne des plus grands scénarios (ou scénarii) hollywoodiens qui a commencé il y a plus de 20 ans (en 1993). Alors vous je ne sais pas, mais en ce qui me concerne j’en reprendrais bien encore un peu!

Merci à Rosetta.

Merci à Philae.

Un très grand merci à ces femmes et ses hommes, techniciens, scientifiques, à ceux qui travaillent dans l’ombre à l’ESA ou au CNES et ailleurs, qui ont su une fois de plus être au rendez-vous des grands défis de l’histoire de l’Homme. Grace à eux, nous avons pu toucher du bout des doigts leur succès et au moins le partager et le vivre tous ensemble.

 

L’aventure Rosetta-Philae en images et Vidéos

 



Moment historique à la SAT:

 

 

Par hal9000, il y a

Une session de formation PIXINSIGHT à la SAT

Samedi 4 octobre, c’est déroulée à l’observatoire une formation sur le logiciel PIXINSIGHT. Durant 3 heures, Pierre LE CAM (membre de l’AIP), qui utilise ce logiciel depuis plusieurs années, nous à montré les possibilités quasi infinies de ce soft.
PIXINSIGHT est un logiciel vraiment spécialisé dans traitement d’image, il ne peut pas être utilisé pour les acquisitions. Il est aujourd’hui, devenu LA référence dans la communauté internationale des astro-photographes. En France, ce logiciel est de plus en plus employé notamment grâce aux efforts fournis par l’association AIP (Astro Imaging Processing). A noter qu’à ce jour, 2 des membres de la SAT, ont adhéré à cette association et à n’en pas douter, d’autres vont s’y inscrire rapidement.
Cette association, à l’initiative de Nicolas OUTTERS, un des grands spécialistes de l’astro-photo en France organise de nombreux stages de formation entre autre sur ce logiciel. PIXINSIGHT est un logiciel développé spécifiquement pour l’astronomie qui tend à remplacer petit à petit PHOTOSHOP qui était très utilisé jusqu’à maintenant.
Après un passage en revue des différentes options du logiciel et de sa philosophie d’utilisation qui déroute un peu au début, Pierre nous a fait une démonstration en “live” du traitement d’une image. Le résultat est spectaculaire!
Beaucoup de questions dans notre petite assemblée en particulier sur l’intérêt de PIXINSIGHT par rapport à ses concurrents actuels du marché (payants ou gratuits).
Rendez-vous est pris pour rentrer un peu plus dans le logiciel en commençant par l’étape indispensable du pré-traitement.
L’assemblée, pas très nombreuse malheureusement n’a cependant pas regretté le déplacement!
JM LEBOS
modéré par: Xavier

Nuits des étoiles 2014: le public au rendez-vous.

nuits_etoiles_2014-afficheLes conditions étaient loin d’être toutes réunies ce samedi pour célébrer la 24ème nuit des étoiles sur le site de l’observatoire de Ligoret (Tauxigny). C’est pourtant un pic de presque  200 personnes que la S.A.T a pu enregistrer vers 21h-22h.

C’est un après-midi nuageux et pluvieux qui a débuté cette journée du 24ème festival de la nuit des étoiles, et il fallait être motivé ou très convaincu pour venir tenter sa chance à l’observatoire qui par un grâce plutôt mystérieuse, a été largement épargné par les intempéries, cependant le site a tout de même essuyé quelques petites ondées, mais visiblement sans commune mesure avec les trombes d’eau qui ont inondées le reste du département selon le témoignage de certains spectateurs stupéfaits de trouver à Ligoret des conditions “presque” estivales.

Cette année à la S.A.T. , la nuit des étoiles était placée sous le signe du “retour vers la Lune”, 45 ans après le premier Homme sur la Lune (21 Juillet 1969) et les missions “Apollo”, la NASA s’apprête à (re-)lancer une grande mission vers notre satellite et qui aura entre autre pour objectif d’établir un “pas de lancement” pour les missions futures vers l’exploration humaine de notre système solaire et notamment vers notre voisine Mars. C’est Daniel, membre du club, qui a donc assuré cette présentation, il s’est évertué à expliquer dans le détail tous les enjeux techniques et les aspects scientifiques des ces missions qui ne devraient pas voir le jour au mieux d’ici 2020.

Fin de la conférence vers 22h 45;  il était temps pour tous de tourner la tête vers le ciel pour voir passer vers 23h30 l’ISS (la station spatiale internationale)-et quelques nuages- point extrêmement brillant dans le ciel grâce à la colossale superficie des ses panneaux solaires. Le public était encore bien présent après la conférence pour observer le ciel à travers les différents télescopes disponibles dans la clairière de l’observatoire, on pouvait y trouver ici et là 4 dobson( 200 – 300-400 ), 1 lunette 120 et 2 schmidt-cassegrain 11 pouces,et bien sur les 2 coupoles étaient en accès libre ; les membres du club qui n’étaient pas affairés à un instrument guidaient les curieux dans le ciel à travers les étoiles, les constellations et notre voie lactée. Nous avons eu droit en fin de nuit à un ciel quasiment vierge, ce qui a permis aux derniers courageux de profiter des étoiles filantes (perséides) dont le pic d’activité aura lieu à partir du prochain week-end (9 au 14 Aout), mais dont la vision sera rendu difficile par la présence de la Lune qui sera dans ses phases pleines (ou presque) à minuit ( pleine Lune le 10 Aout), c’est d’ailleurs pour cette raison qu’en France la nuit des étoiles a été avancée d’une semaine.

La Société Astronomique de Touraine remercie tous les passionnés et les curieux (courageux) d’avoir tenté leur chance malgré une météo peu clémente. Nous espérons vivement que le spectacle et les explications étaient à la hauteur de leurs attentes. Nous donnons évidement rendez-vous au public l’année prochaine en espérant cette fois que nous pourrons profiter d’un “vrai” ciel d’été. N’oubliez pas également qu’il n’y a pas que la S.A.T. en indre-et-loire qui ouvre ses portes lors de la nuit des étoiles et tout le reste de l’année, d’autres clubs plus proche de chez vous peut-être, sauront eux aussi vous expliquer le ciel et ses merveilles et heureux de les partager avec vous. Merci et à bientôt.

 

 

Par hal9000, il y a

PHEMU 2015, un challenge pour tous

Les PHEMUS :Obiwan-Kenobi ????

Le coup de feu va bientôt retentir pour cette campagne 2014-2015 des Phémus.

Petit rappel: que sont les Phémus? Il s’agit très simplement de l’abréviation pour “Phénomènes Mutuels”, mais de quoi parle-t-on? Tous les 5 ans environ, la Terre passe dans le plan de l’écliptique de Jupiter, nous plaçant en alignement avec elle et ses satellites dits “Galiléens” puisque découvert par lui il y a maintenant un petit peu plus de 4 siecles.

Quel est l’intérêt des Phémus? l’étude porte sur une meilleure connaissance de la mécanique des 4 principaux satellites de Jupiter. Aujourd’hui encore cette mécanique garde des zones d’ombres, bien que les éphémérides de ces astres soient connus, ils ne sont cependant pas tout à fait exacts parfois de plusieurs secondes voir plus d’une dizaine, se traduisant pour les satellites à des incertitudes de plusieurs centaines de kilomètres! C’est tout l’enjeu de cette campagne: améliorer les éphémérides de ces satéllites.

Que cherche-t-on à observer? les observations porteront essentiellement sur les éclipses de satellites et/ou leurs occultations mutuelles.

Ces campagnes apportent donc une amélioration des connaissances de la mécanique du système de Jupiter, mais c’est également un des rares moment ou les professionnels font appel aux astronomes amateurs par manque de temps.

Ou se trouve la difficulté?

Faire une photo du ciel profond ou d’une planète pour son propre plaisir n’impose aucune rigueur en ce qui concerne le moment où on réalise ce cliché, pour peu qu’il fasse beau, que les conditions climatiques ne génèrent pas (trop) de turbulence, et l’affaire est dans le sac quand on a un peu d’expérience en photo astro. En ce qui concerne les Phémus, il faut “malheureusement” compter avec le temps, plus précisément avec le temps UTC (Universal Time coordinated) et c’est à ce moment précis que les choses commencent à se corser fortement.

Pour avoir une chronologie précise des événements l’IMCCE – Institut de Mécanique Celeste et Calcul des Ephémérides – “impose” une précision de datation des clichés (photos ou vidéos) inférieur à 1/10eme de seconde (0,1 s) par rapport au temps UTC. C’est sur ce point précis que toute la difficulté des Phémus repose.

Les solutions.

Si vous examinez l’heure sur 2, 3, 4 ordinateurs ou plus vous constaterez qu’ils sont rarement à “l’unisson” d’un point de vu temps, et il est encore plus probable qu’aucun d’entre eux ne soit synchronisé à l’heure UTC. Pour pouvoir obtenir une heure fiable sur un ordinateur il n’existe pas beaucoup de solutions, mais deux principales sont de choix:

1/ La première solution, la moins coûteuse, propose une fiabilité de l’ordre du 1/100eme voir du 1/1000eme de seconde et semble “suffisante” pour peu que la dérive de l’heure sur l’ordinateur ne soit pas trop importante. Il s’agit du système de mise à l’heure via un (ou des) serveur(s) NTP (Network Time Protocol).

2/ la seconde solution à retenir est celle du GPS via le PPS (Pulse Per Second) La fiabilité de ce système de mise à l’heure est estimée à environ 1µs.

Je ne rentrerai pas dans les détails de mise en place de telle ou telle solution, internet regorge déjà suffisamment de sites traitant du sujet.

La Société Astronomique de Touraine s’est donc lancée dans l’aventure “Phémus”, tout comme bon nombre d’associations ou de particuliers qui souhaitent apporter leur pierre à l’édifice.

Comment cela va-t-il se passer concrètement?

L’IMCCE a edité une sorte de “charte” de conduite à tenir afin de mener au mieux cette nouvelle campagne qui débutera officiellement le 17 Aout 2014 et se terminera le 22 Aout 2015 pour un total de 477 événements, en réalité seuls 442 seront observables (selon conditions météo) entre le 1er septembre 2014 et le 20 Juillet 2015.

Vous trouverez également ICI un guide détaillé de l’ensemble des dispositions à prendre pour réaliser au mieux cette campagne, comme par exemple l’utilisation de filtres interférentiels “CH4 ” (7260 Å , 8300 Å , 8900 Å , …) afin de “masquer” Jupiter pour les phénomènes qui en seraient trop proche. Ou bien cette page par exemple, qui donne en détaille la “meilleure” façon de procéder pour les captures video.

Une fois vos captures réalisées, voici comment procéder afin de les faire parvenir à l’IMCCE, soit par mail, soit par courrier postal en précisant:

“FICHE DE COMPTE-RENDU D’OBSERVATION VISUELLE
(à renvoyer après chaque observation à l’IMCCE, PHEMU15, 77 ave. Denfert-Rochereau, F-75014
PARIS 

ou phemu@imcce.fr)

PHENOMENE OBSERVE :
NOMS DES OBSERVATEURS:
ADRESSE:
LIEU DE L’OBSERVATION:
Coordonnées géographiques: (longitude: h m s; latitude: ° ‘ “; altitude= m).
CONDITIONS météorologiques (brume, passages nuageux?):
Qualité du ciel (stable, transparent?):
Stabilité des images:
Hauteur sur l’horizon au moment de l’observation:
Crépuscule? Lune?
INSTRUMENT UTILISE:
Télescope ou lunette?
Ouverture:
Focale:
Grossissement utilisé:
Défocalisation effectuée?
BASE DE TEMPS utilisée (référence?):
Echelle de Temps utilisée (horloge parlante,…):
ESTIMATION de la qualité de l’observation
(sûre, moyenne, douteuse…):
Estimation de la valeur en magnitude de votre “degré” personnel utilisé pour les comparaisons d’éclat:
COMMENTAIRES ET REMARQUES:
Joindre la liste des estimations d’éclat effectuées avec l’instant de chacune d’elles.
Indiquer les astres de référence utilisés avec leur magnitude visuelle à la date de l’observation.”

Par hal9000, il y a

De Galilée à Jupiter – mise à jour

Cette article comporte une mise à jour signalée.

Si il est un astronome connu de tous les amateurs et plus largement du grand public c’est bien Galilée. Galilée est surtout connu dans le monde des astronomes pour être le premier à avoir pu observer les satellites de Jupiter et surtout, c’est là sa grande prouesse, d’avoir su transposer cette mécanique au système solaire, venant de fait appuyer la théorie de Nicolas Copernic qui avait quelques années auparavant expliquer le mouvement rétrograde des planètes en adoptant un système héliocentrique et non géocentrique comme c’était le cas depuis Aristote et ses fameuses sphères de cristal.

lunette_galilee

Ici une des nombreuses lunettes réalisées par Galilée.

Evidement inutile ici de refaire une énième biographie du célèbre scientifique, il en existe pléthore sur internet et dans toutes bonnes encyclopédies qui se respectent, et rivalisant les uns avec les autres de détails croustillants prêtant même à l’homme des phrases à priori apocryphes ( “E pur si muove”).

Ce qui serait en revanche amusant aujourd’hui serait, a titre posthume, de montrer a Galilée ce qu’il a observé, qu’il prenait pour des etoiles “médicéennes” (du nom de la famille Médicis) et que Johannes Kepler, qui vécut exactement à la même époque que Galilée, a appelé “Sattelites” (satelles – compagnon, gardien). Avec la technologie d’aujourd’hui c’est une chose tout à fait possible à faire. Il suffit pour cela d’utiliser Stellarium – disponible gratuitement sur internet et en téléchargement dans les archives de notre site- en se replaçant à l’époque d’observation de Galilée dans les même conditions: grossissements, configurations des satéllites.

Pour cela il suffit de s’appuyer sur les observations de l’astronome qui, en bon scientifique avait l’habitude de noter absolument toutes ses observations et dont il publia un recueil: Sidereus Nuncius, litteralement “l’annonceur sideral” mais plus connu sous le nom du “Le messager des étoiles” (traduit ici en anglais).

Rendons nous directement à la page 38 pour y decouvrir les fameuses observations. Une fois de plus la perspicacité de Galilée fait qu’il note le jour et même l’heure d’observation, Galilée notait les heures d’observation à partir du coucher du soleil. Nous savons également qu’a cette époque Galilée est professeur à l’université de Padova (près de Venise). Les conditions sont presque toutes remplies pour pouvoir tenter l’expérience: le lieu, la date du jour d’observation et l’heure (On the 7th day of January in the present year, 1610, in the first hour of the following night… – Le 7 Janvier de cette année-ci, 1610, a la premère heure de la nouvelle nuit -le soir une heure apres le coucher du soleil…) , mais Il nous manque une information capitale: la lunette. D’apres les quelques exemplaires qui sont aujourd’hui visibles dans les musées nous savons que Galilée a réalisé des instruments capables d’un grossisment d’environ 20 à 30 fois avec un champ d’environ 15′ d’arc (0,25°) fabriquée avec des lentilles convexe, ces derniers détails ont leurs importances car selon les cas de figures  le pouvoir séparateur des instruments ne permettait à Galilée de discerner 2 satellites trop proche l’un de l’autre, et 15′ d’arc c’est tout juste suffisant pour observer l’élongation maximum de Callisto  . Voila cette fois la liste est complète, tentons cette expérience.

Le 7 Janvier 1610 aux premieres heures: (cliquez pour agrandir)

Voici ce que Galilée relève: (ori: orient=Est / Occ:occident=Ouest)

SN_7Jan1610

 

Le même moment avec Stellarium:

Stell_7Jan1610

 

En superposition:

Superposition_7Jan1610

Il est amusant de constater que la superposition de Io et Europe ait pu tromper l’oeil du maître ne croyant ainsi distinguer qu’une seule et même “étoile”. Nous pouvons évidement renouveler l’expérience autant de fois qu’il existe de croquis.

Prenons par exemple le 13 Janvier 1610, date à laquelle Galilée put observer pour la première fois les 4 satellites simultanément:

Superposition_13Jan1610

 

Encore une fois les relevés faits par Galilée se montrent particulièrement juste, et les remarques non moins judicieuses:

“II y en avait trois à l’ouest et une à l’est ; elles formaient presque un alignement, car l’étoile médiane du groupe des occidentales déviait un peu de la ligne droite vers le nord. La plus orientale était éloignée de Jupiter de deux minutes, les distances des autres et de Jupiter étaient séparées chacune d’une minute seulement. Toutes les étoiles avaient la même grandeur et, quoique petites, elles étaient cependant très brillantes et avaient beaucoup plus d’éclat que les étoiles fixes de la même grandeur.”

[MISE A JOUR:

La curiosité m’a poussé a tenté l’expérience mais cette fois-ci avec “Celestia” un autre logiciel gratuit lui aussi et également disponible sur internet et dans nos archives; et voici le résultat de cette comparaison (cliquer pour agrandir):

celestia_13011610_combined_compared

Voici donc en projection la véritable configuration des satellites de Jupiter ce fameux soir du 13 Janvier 1610. ]

Mais ce qui est surtout remarquable c’est que Galilée a su garder un oeil critique, être toujours rester objectif et ne pas se laisser dominer et influencer par ce qui était à l’époque une vérité divine. Plus encore, Galilée fit le rapprochement entre les astres de Jupiter et les planètes du système solaire comme il le décrit lui-même à cette époque:

[…]”J’ai noté tous ces repérages de Jupiter et de ses planètes par rapport à l’étoile fixe afin que, grâce à eux, chacun puisse comprendre que la progression de ces dites planètes, soit en longitude soit encore en latitude, s’accorde parfaitement avec les mouvements dérivés des tables.

Voici donc les observations des quatre planètes médicéennes, récemment, et pour la première fois, découvertes par moi. À partir de ces observations, et malgré qu’il ne m’ait pas encore été possible de calculer leurs périodes, il est permis d’énoncer
certaines remarques dignes d’attention.

D’abord, puisque, soit elles suivent, soit elles précédent Jupiter à des distances analogues, qu’elles ne s’en écartent, tant à l’est, qu’à l’ouest, que d’intervalles très limités, et qu’elles l’accompagnent dans son mouvement rétrograde comme dans son mouvement direct, on ne peut douter qu’elles poursuivent leurs révolutions autour de lui, tandis qu’elles effectuent ensemble leur révolution en douze ans autour du centre du monde.

De plus, elles tournent sur des cercles inégaux, ce qui se déduit clairement du fait que dans les plus grandes élongations, loin de Jupiter on ne peut jamais voir deux planètes en conjonction, alors que près de Jupiter elles sont parfois serrées,
à deux, à trois et parfois toutes ensemble.

On comprend également que les révolutions des planètes qui décrivent les cercles les plus étroits autour de Jupiter sont les plus rapides. En effet les étoiles les plus rapprochées de Jupiter sont assez souvent observées à l’est quand la veille elles étaient à l’ouest, et vice-versa. En outre l’examen soigneux de ces révolutions montre que la planète qui parcourt la plus grande orbite semble revenir à son point de départ en un demi-mois.

En plus, nous avons ici un magnifique et très clair argument pour ôter tous scrupules à ceux qui, tout en admettant la révolution des planètes autour du Soleil dans le système copernicien, sont troublés par la durée du tour que fait la Lune autour de la Terre, alors que toutes deux accomplissent un circuit annuel autour du Soleil au point qu’ils jugent que cette organisation de l’univers doit être rejetée comme impossible. En effet, à présent, nous n’avons pas seulement une planète qui tourne autour d’une autre, tandis que l’une et l’autre parcourent une grande orbite autour du Soleil, mais nous observons quatre étoiles tournant autour de Jupiter comme la Lune autour de la Terre, tandis que
toutes ensemble avec Jupiter, elles parcourent leur orbite autour du Soleil, en douze ans. Enfin, il faut rechercher la raison pour laquelle il se trouve que les astres médicéens, quand ils accomplissent autour de Jupiter leurs rotations très resserrées, semblent parfois doubler de grandeur.”[…]

Remarquable non? Comment ne pas être à la fois admiratif et sidéré devant tant de déductions plus intelligentes les unes que les autres?

Je ne sais pas si on pouvait dire de Steve Jobs que c’était un visionnaire et que son iPad a révolutionné le monde? Mais une chose est certaine: Galilée était un génie qui a permis aux Hommes d’avoir une vision plus claire et juste du monde dans lequel ils vivent.

 

Retrouvez ici l’intégralité des publications “Siderius” gracieusement mis en ligne par l’observatoire de Lyon en collaboration avec la Société Astronomique de Lyon.

Par hal9000, il y a