Ondes et Mathématiques à hautes fréquences

En faisant des recherches sur les lois physiques et mathématiques qui régissent les ondes lumineuses, Duval, l’hebdo de la SAT, a découvert une anecdote sur les ondes sonores qu’il s’empresse de te conter ici.

En 1964, les Beatles viennent de sortir leur dernier single «   A Hard Day’s Night ».

C’est le premier accord de la chanson, joué par George Harrison sur sa guitare 12 cordes Rickenbacker qui nous intéresse. Il est reconnaissable entre mille et pourrait presque résumer la musique pop rock des années 60.

Mais un mystère l’entoure : aucun fan n’est encore parvenu à reproduire correctement cet accord !

Comment est-ce possible ?

Un accord n’est pourtant rien d’autre qu’un ensemble de notes. Bref un ensemble de sons, de vibrations qui se propagent dans l’air sous forme d’ondes.

Une note pure correspond, en effet, à une vibration précise, qui se répète un certain nombre de fois par seconde. C’est ce qu’on appelle sa fréquence. Une note aiguë correspond ainsi à une haute fréquence, et une note grave à une basse fréquence.

Pour retranscrire un accord, il suffit de trouver toutes les notes et donc potentiellement toutes les fréquences qui le composent. C’est aussi de cette manière que l’on construit le spectre d’une onde lumineuse.

Et c’est exactement ce qu’a imaginé un fan des Beatles, et accessoirement mathématicien, Jason Brown… Incapable de reproduire le mystérieux accord, il a décidé de prendre le problème à bras le corps.

Et il a utilisé, pour cela, le parfait outil : une opération mathématique appelée “transformée de Fourier“, d’après le mathématicien Joseph Fourier qui l’a mise au point deux siècles plus tôt.

Elle permet de reconnaître les fréquences exactes d’un son. Pratique !

Après quarante ans de mystère, Jason Brown a donc utilisé la transformée de Fourier pour analyser les notes jouées au début de l’enregistrement avec son ordinateur.

Et surprise ! Derrière les guitares et la basse de George, John et Paul se cachait… un piano !

Eh oui, leur manager, George Martin (surnommé le 5e Beatles) a joué, avec le groupe, des notes qui se fondaient dans l’accord.

Indécelables à l’oreille, elles participaient néanmoins à sa magie !

Pour revenir à l’astronomie, sache que la transformée de Fourier est utilisée pour analyser les ondes sonores produites par … Le Soleil !

Si on n’a pas trouvé de partition de piano, on en a déduit l’importance du champ magnétiques solaire dans son chant et  décelé la trace de nano-éruptions.

Jupiter et Saturne, la grande conjonction du 21 décembre

Depuis plusieurs mois, on peut en levant les yeux à l’Ouest en début de nuit, voir ces deux astres brillants se rapprocher peu à peu.

Le 21 décembre prochain sera ainsi une date exceptionnelle…l’œil humain, ne distinguera alors quasiment plus qu’un seul point dans le ciel…Il faudra alors l’aide d’un télescope ou d’une paire de jumelles pour profiter pleinement de l’évènement, une « conjonction » exceptionnelle de Jupiter et Saturne.

Les deux planètes géantes, quasiment alignées avec la Terre, auront dans le ciel un écart visuel inférieur à 6 minutes d’arc1, soit le cinquième du diamètre apparent de la Lune.

Pourquoi cette conjonction est-elle exceptionnelle…?

Les conjonctions de Jupiter et Saturne sont des phénomènes rares…
En effet, Jupiter, qui tourne en 12 ans autour du Soleil a besoin de près de 20 ans pour rattraper Saturne qui a besoin de 30 ans pour compléter sa révolution autour du Soleil….

Mais l’écart visuel, ou plus précisément, l’écart angulaire  entre les deux planètes n’est pas le même d’une conjonction à l’autre, et il faudra près de 40 ans pour retrouver une conjonction aussi rapprochée des deux planètes.

Un peu d’arithmétique…

En effet, les révolution de Jupiter et Saturne sont respectivement de 4 332 jours et de 10 754 jours.
On suppose les  orbites parfaitement circulaires. Il s’agit donc d’une approximation, les planètes se déplaçant en réalité sur des ellipses (Première Loi de Képler2) mais les orbites de Jupiter et Saturne ont une faible excentricité et sont donc presque circulaire.
On calcule pour Jupiter = 360/4332 = 0,0831°/j et pour Saturne = 360/10754 = 0,0335°/j.

La différence est donc de : 0,0831 – 0,0335 = 0,0496°/J . C’est la différence de vitesse sur leur orbite entre les deux planètes. Ainsi pour « lui prendre un tour » Jupiter aura besoin de  360 °/ 0,0496 °/j soit 7258,06 jours ou 19,87 ans.

On peut ensuite faire le même calcul pour les autres planètes du Système solaire. Ainsi le même calcul pour la Terre et Mars, donne 779,8 jours, soit 2 ans 1 mois 19 jours. Ce qui explique que tous les deux ans, comme cette année,  Mars soit au plus près de la Terre…..

Si on rêvait… ?

Il serait amusant de savoir s’il a pu exister dans le passé ou s’il existera une “chance”, pour que toutes les planètes se retrouvent en conjonction les unes par rapport aux autres, alignées sur un tout petit segment autour de l’écliptique3.
Le calcul est un peu lourd et long, mais l’IMCCE (Institut de Mécanique Céleste et de calcul des Ephémérides) l’a fait pour nous. La probabilité que ce phénomène se produise en considérant que les orbites des planètes ont toujours été stables et qu’elles le resteront, est de 1 chance sur 147 milliards d’années. Autrement dit, 10 fois l’âge de l’univers et 14 fois l’espérance de vie du système solaire…autant dire qu’il y a (très) peu de chance que cela se soit produit ou se produise un jour, et il vaut mieux tenter sa chance au loto…..

Jean-Louis DUMONT | 29 Novembre 2020.

Mars 2020 depuis le Pic du Midi

Les oppositions1de Mars, position où les deux planètes sont au plus proche, reviennent tous les deux ans. L’opposition de Mars 2020 promettait d’être exceptionnelle avec un diamètre de Mars de plus de 22,4’’2 à son maximum le 13 octobre. C’est certes un peu moins qu’en 2018 (plus de 24’’) mais toute la surface de Mars était alors masquée par une tempête de sable qui dura quasiment durant tout le rapprochement.

Alors en ces mois d’octobre et de novembre 2020, chaque amateur de planètes a fourbi ses instruments et se tenait prêt…!

Un prochain article rendra compte de la moisson d’images des membres de la SAT sur leurs divers instruments, mais en attendant cap sur les Pyrénées!

Arrivés à La Mongie, prenons le téléphérique et après un changement de cabine à mi-parcours, arrivée spectaculaire à 2800 mètres d’altitude….

On connait bien certains instruments du Pic du Midi, et en particulier les deux mètres de diamètre du plus grand télescope de France, le Télescope Bernard Lyot.

On connait aussi le fameux coronographe3 du Pic, mais on connait sans doute un peu moins le vénérable télescope de 1mètre de la coupole voisine…

Installé en 1963, ce télescope, dont l’optique fut fournie par les américains (miroir de 106 cm), a principalement cartographié la Lune pour déterminer avec précision les sites d’atterrissage possibles des missions Apollo.  Équipé de caméras CCD, il est actuellement destiné à l’étude des planètes et objets du système solaire. 

Une équipe réunie autour de François Colas (que l’on connait bien en Touraine, pour être l’artisan du projet FRIPON ) de Thierry Legault (photographe émérite) et de Jean-Luc Dauvergne (Rédacteur en chef de Ciel et Espace) a passé deux périodes au Pic autour de l’opposition pour obtenir des images qui rivalisent avec celles de Hubble !

En voici quelques unes, obtenues au foyer Cassegrain4  du télescope,

D’abord les deux images sans doute les plus abouties, obtenues dans la nuit du 30 octobre et le surlendemain 1er novembre, durant une accalmie de la turbulence, car même au Pic, il faut savoir attendre le bon moment…

 Captation avec une « simple » caméra ASI 224c, mais à 17,5 mètres de focale ….!!!!!

Les logiciels utilisés sont des classiques, FireCapture, AutoStakkert 3 ou WInJupos….

Les détails y sont incroyables et sur la  deuxième image, Valles Marineris5 s’y révèle avec ses ramifications….

L’ensemble des images réalisées durant le séjour permettait de couvrir l’intégralité de la surface de Mars et Jean-Luc Dauvergne s’est alors attelé à la réalisation d’un planisphère complète de la planète, couvrant toutes les latitudes.

Après 30 heures de traitement, pour fusionner les différentes images, le résultat est époustouflant….

A partir du planisphère et moyennant quelques heures supplémentaires il était possible d’obtenir, une rotation complète de la planète, visible sur Youtube:

https://www.youtube.com/watch?v=In5Km9LGPE0&feature=emb_logo

Enfin, avec quelques heures de travail supplémentaires, Thierry Legault, fan de 3D, proposait la rotation compète de Mars, en deux versions,

– Croisée

https://www.youtube.com/watch?v=VJT8DM47tDY&feature=emb_logo

– ou Droite

https://www.youtube.com/watch?v=dJN25tpuqFg&feature=emb_logo

Toutes les images sont à retrouver sur les liens suivants:

https://www.webastro.net/forums/topic/188276-rotation-complète-de-mars-avec-le-t1m-du-pic-du-midi-utilisé-par-f-colas-et-thierry-legault/

https://www.webastro.net/forums/topic/187991-mars-le-30-octobre-au-1m-du-pic-du-midi/?tab=comments#comment-2829081

Pour montrer l’impact qu’a eu ce travail dans le monde des planéteux, une version en anglais.:

https://www.dpreview.com/news/5992028327/video-astrophotographer-jean-luc-dauvergne-creates-stunning-global-map-of-mars

Enfin, cerise sur le gâteau, l’Apod6, sur le site de la Nasa:

https://apod.nasa.gov/apod/ap201120.html

Prochain rendez-vous martien au Pic….dans deux ans….

Jean-Louis DUMONT | 27 Novembre 2020

SAIS-TU Pourquoi les comètes ont toujour l’air de “plonger” vers la Terre ?

Lorsqu’on peut les voir dans le ciel, les comètes sont toujours dans le même sens : leur queue poussiéreuse est dirigée vers le haut.

Comment expliquer cette impression que les comètes semblent « plonger » vers la Terre ?

Cet été, la comète C/2020 F3 (NEOWISE) est restée visible à l’œil nu dans le ciel pendant plusieurs semaines (voir ci-dessous). Elle ne reviendra pas avant plus de 6 000 ans.

Les occasions de voir aussi bien une comète sont assez rares. Si tu as admiré le spectacle, ou simplement vu les plus belles photographies de la comète, peut-être as-tu constaté que l’objet apparait toujours tourné dans le même sens, comme si C/2020 F3 « plongeait » vers la Terre.

Autrement dit, sa queue de poussières est dirigée vers le haut.

Concrètement, les comètes ne plongent pas vers la Terre au sens littéral — sauf en cas de collision, ce qui est extrêmement rare.

Ce qu’il faut comprendre, c’est que  quand on regarde une comète dans le ciel (pendant la nuit), la queue est vers le haut, car le Soleil est couché et est donc en dessous de l’horizon. La queue de poussières que l’on peut voir se dirige dans la direction opposée à celle du Soleil.

Les comètes restent, la plupart du temps, très éloignées de notre planète. Elles orbitent sur des trajectoires elliptiques et, pour la très grande majorité, elles ne s’approchent de la Terre qu’à des distances supérieures à 75 millions de km. 

Ainsi, au plus près de la Terre, la comète C/2020 F3 est passée à un peu plus de 103 millions de kilomètres. Avant elle, la comète C/2020 F8 (SWAN) est passée à environ 85 millions de kilomètres de notre planète. Encore avant, la comète C/2019 Y4 (ATLAS) s’était quant à elle fragmentée, empêchant son observation à l’œil nu comme espéré.

Néanmoins, le sort connu par cet objet n’a pas eu que des inconvénients pour les scientifiques : sa désintégration pourrait nous aider à mieux estimer l’âge des comètes dans le système solaire.

À OBSERVER CHEZ VOUS !

Le maximum de l’essaim
de météores des Léonides

dans la nuit du 17 au 18 novembre 2020

L’observatoire de Tauxigny est fermé et, de toutes façons, vous n’avez pas le droit de vous aventurer plus d’une heure par jour et dans un rayon d’un km.

Pourtant, le ciel est partout et les objets faciles à observer ne manquent pas

Alors, si le cœur vous en dit, vous pouvez l’observer de chez vous, de votre balcon, dans votre jardin sur votre trottoir !

Et nous avons une occasion en or pour commencer notre programme : Observer le maximum de l’essaim de météores des Léonides.

MAIS QUÉSACO !

Comme chaque année à pareille époque, la Terre croise sur sa trajectoire les nuages plus ou moins importants de particules de poussières laissées par la comète 55P/Tempel-Tuttle lors de ses approches au Soleil.

Ces poussières sont à l’origine de la pluie d’étoiles filantes des Léonides, dont le radiant (la zone dont semblent provenir les étoiles filantes) est situé dans la constellation zodiacale du Lion.

Les Léonides ont la particularité d’être des étoiles filantes petites, fines et très rapides (vitesse moyenne d’entrée dans l’atmosphère de 71 km/s, alors que les vitesses constatées pour les autres essaims sont plutôt de l’ordre de 15 à 35 km/s). 

Le pic traditionnel d’activité de l’essaim météoritique des Léonides, actif du 06 au 30 Novembre, devrait se produire en 2020 dans la nuit du 17 au 18 novembre. Selon les prévisionnistes, l’activité pour le pic d’activité devrait être de 15 étoiles filantes par heure.

ALORS COMMENT LES OBSERVER ?

À la tombée de la nuit, vers 18 h 00, l’observateur (en France) tourne presque le dos au nuage de débris, vous ne pourrez donc pas les observer. Ce n’est qu’à minuit passé, lorsque, du fait de la rotation de la Terre, vous vous situez face au nuage et à la constellation du Lion., que l’observation est la plus intéressante. D’autant que c’est la Nouvelle Lune ! L’idéal est d’observer au Zenith et vers le Sud-Sud-Est (le radian se trouve plein Est dans la tête du Lion) à partir de minuit (optimal vers 3h). 

A L’ŒIL NU !

L’observation à l’œil nu est le moyen le plus simple pour profiter du spectacle. A plusieurs c’est plus sympa et ça permet de couvrir un champ plus large du ciel en le partageant.

Toutefois, pour ménager vos vertèbres cervicales, il est préférable de s’allonger à même le sol, d’utiliser une chaise longue ou un siège réglable, ce qui vous permettra ainsi de scruter le ciel dans de meilleures conditions.

Un carnet vous sera également utile si vous souhaitez noter vos observations, surtout si vous avez la chance de voir passer un bolide. Enfin, une paire de jumelles sera utile si vous souhaitez observer les traînées lumineuses laissées par les bolides.

OU AVEC UN APPAREIL PHOTO

Si vous voulez photographier l’événement, rien de plus facile ! Un appareil photo (type reflex) muni d’un objectif grand-angle ouvert à f/d 2 réglé sur l’infini, un bon trépied stable et un déclencheur manuel pour éviter les vibrations.

De bons résultats peuvent également être obtenus avec un 50mm ouvert au maximum.  Choisissez de préférence un film rapide de 400 ou 800 ISO.

 Quelle que soit la position du radiant, visez de préférence au zénith, vous aurez ainsi plus de chance de capturer le passage d’étoiles filantes.

N’hésitez pas à faire des poses d’environ 3 à 5 minutes avec une pellicule 400 ISO, surtout si vous êtes loin de toutes lumières parasites.

Si vous souhaitez privilégier la prise de vue des traînées persistantes, utilisez de préférence une pellicule de 800 ISO, avec un temps de pose compris entre 30 et 60 secondes.

Reste plus qu’à préparer le site avec chaise longue, fauteuil, couverture pour 

Une nuit aux belles étoiles !!!

LE PLUS ANCIEN MATERIEL D’ASTRONOMIE

Le profane croit souvent que l’astronomie est affaire de spécialistes, des spécimens un peu farfelus à l’oeilesprit scientifique et tortueux. Ceci s’accompagne de l’idée bien ancrée qu’il faut du matériel cher et difficile à manier. D’autres, plus avertis, savent que c’est dans la nature que les anciens trouvaient leur matériel d’observation : un simple bâton (nommé pompeusement gnomon) est suffisant pour mettre en évidence le mouvement apparent du Soleil.

Pourtant, pendant plus de 6000 ans avant l’invention de la lunette et du télescope l’observation astronomique et toutes les découvertes scientifiques notables se sont faite autour d’un «matériel d’optique» extrêmement sophistiqué à focale et ouvertures variables, et à pouvoir de séparation exceptionnel.

Cet appareil permet la perception des couleurs pour les objets fortement éclairés mais son pouvoir d’adaptation pour les « objets faibles » n’a pas son pareil en noir et blanc.

L’homme moderne le sous utilise et méconnaît ses possibilités. Il ne sait pas que ce matériel permet de lire les gros titres d’un journal à la seule lueur des étoiles sans apport d’énergie externe. Il s’entoure de matériels d’optique de plus en plus performant … mais en bout de chaîne l’OEIL , puisqu’il faut bien finir par dire le nom de ce matériel extraordinaire, L’œil donc, bien ou mal utilisé vous permettra de sublimer ou d’anéantir la qualité des optiques placées entre le ciel et lui.

 °°°

 Pour bien utiliser votre œil en astronomie, il faut bien le connaître :

Tout d’abord la rétine sert de réceptacle aux photons. Elle est constituée de cellules photosensibles dont une partie centrale (les cônes), peu sensible à la lumière, perçoit les couleurs et la partie périphérique, très sensible à la lumière, permet une perception aisée des mouvements. IL FAUT DONC REGARDER LES OBJETS DU CIEL LEGEREMENT DE CÔTE pour les voir « plus brillant » ou détecter plus facilement les objets en mouvement (étoiles filantes).

Le diaphragme de l’œil réagit très rapidement à la lumière « jaune » (celle du soleil), sa fermeture est quasi instantanée par le simple allumage d’une lampe de poche. Il est par contre presque insensible aux rayonnement de basse fréquence (rouge), et il s’ouvre que très lentement dans l’obscurité. Il faut plus de 15 minutes pour obtenir son ouverture maximale. IL FAUT DONC ANTICIPER LES MOMENTS D’OBSERVATION DE 15 MINUTES DANS L’OBSCURITE LA PLUS COMPLETE (seules les lumières rouges sont tolérées).

La qualité de la lentille de l’œil (le cristallin) est déterminée par dame nature, les myopes n’y peuvent rien, sans lunettes correctives le ciel leur reste flou, par contre derrière un télescope ils peuvent se débarrasser de cet appendice en réglant « à leur vue » le porte oculaire : quel confort.

Enfin, l’acuité visuelle (sensibilité à la lumière) est variable d’un individu à l’autre. En moyenne nous pouvons observer des objets de 6ème magnitude et certains atteignent 7 voir 8. Cette acuité varie avec l’heure de la journée (biorythme, la durée d’observation, et … votre alimentation).

Pour l’alimentation on commencera par bannir le tabac et surtout l’alcool dans les heures qui précédent votre observation, on pourra améliorer sensiblement notre acuité (1 magnitude !) en mangeant des carottes (le célèbre carotène se trouve aussi en comprimés), n’est-il pas vrai que les lapins ne portent pas de lunettes !

les observations les plus efficaces se font une heure après le réveil, l’acuité baisse progressivement jusqu’au couché. DORMIR AVANT UNE SOIREE D’OBSERVATION AMELIORE VOTRE ACUITE VISUELLE … et votre résistance au sommeil.

Pour le reste, en regardant durablement (et fixement) un même objet (légèrement de côté) vous verrez progressivement les détails apparaîtrent, vous utilisez dans ce cas la rémanence de la rétine qui se comporte un peu comme un accumulateur de photons.

Voilà, vous connaissez maintenant un peu mieux ce magnifique instrument d’astronomie qu’est l’œil. Vous savez l’entretenir et le régler. Vous pouvez (devez) donc l’utiliser et améliorer vos performances (l’œil s’entraîne comme un muscle).

 VOUS NE VERREZ PLUS JAMAIS LE CIEL COMME VOUS LE VOYIEZ.

Jupiter et Venus se rapprochent

Non, il ne s’agit pas d’une découverte archéologique, mais un rapprochement planétaire assez spectaculaire qui se produira le 30 juin au soir avec un maximum (enfin un minimum devrais-je dire) au alentours de 23h00 UTC+2.

A cette heure-ci -au moment du rapprochement- Jupiter et Venus ne seront “séparés” que d’environ 0,4° c’est moins que le diamètre apparent de la lune. Si le phénomène sera observable a l’œil nu ou dans un télescope (ou autre) la difficulté sera surtout d’obtenir une image nette, car Météo France annonce des températures caniculaires et pour ne rien arranger l’événement sera assez bas a l’horizon (Nord-Ouest) à peine en dessous des 14° au-dessus de l’horizon, donc en résumé une atmosphère épaisse et turbulente en perspective. La photo sera probablement la solution la plus apte (apres traitement) à faire ressortir en detail cet événement, enfin reste à voir. Au final un bel événement à observer et un joli challenge a relever pour les astro-photographes.

Mais ne nous décourageons pas, après tout l’astronomie c’est aussi des épreuves à relever au quotidien.

A L’OEIL NU

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DANS UN TELESCOPE

Venus-Jupiter30062015_telescope

Par hal9000, il y a

Rosetta-Philae, une page de l’Histoire et une incroyable épopée

J+3. L’effet “Philea” est retombé. 3 jours après cet événement d’une ampleur sans précédent depuis des années (des décennies?) dans l’histoire de la conquête spatiale que faut-il retenir de tout cela alors qu’au moment ou nous lisons ces lignes ce “petit” robot semble s’être endormi?

Assurément la conquête spatiale vient de franchir un pas, un de plus après Neil Armstrong sur la Lune, Les sondes Vénéra sur Venus, Huygens sur Titan et les rovers de Mars. Il faut bien se rendre compte que cette fois-ci la barre était haute et même “très” haute, imaginez qu’une équipe de fous munie d’un canon à Los Angeles doit viser, atteindre et mettre en orbite un petit pois autour d’une voiture qui se déplace à 18km/s à New York ; imaginez ensuite qu’une autre équipe toute aussi folle doit relever le challenge de faire atterrir une plume sur l’aile d’un 747 en plein vol en s’aidant simplement de la gravité de l’avion et de 2 petites aiguilles !

Ce sont pourtant les 2 prouesses qui ont été relevées l’une le 6 Août 2014 quand Rosetta s’est mise en orbite autour de la comète, et dans un deuxième temps ce fameux 12 novembre 2014 qui est maintenant une date historique, lorsque pour la première fois de l’histoire, l’Homme a posé un engin à la surface d’une comète. Pensez qu’il n’y a que 100 ans (en 1914) nous savions à peine faire voler des avions. Quelle avancée technologique! quel bond en avant pour le bien universel. Évidement cela ne résout en rien les conflits dans le monde ou la misère, mais cet événement a le mérite d’exister, et de nous prouver à nous même que l’Homme est capable d’accomplir de grandes, voire même de très grandes choses, et dans la période économique difficile que nous traversons tous, c’est un formidable message d’espoir envoyé pour l’avenir.

12 Novembre 2014 à 17h04, la date est maintenant historique, et après un acometissage (terme consacré par la presse spécialisée) l’ESA envoie ce message sur twitter de la part de Philae: “Touchdown! My new address: 67P!” (Contact! ma nouvelle adresse: 67P!). Mais nous le savons maintenant les choses ne se sont pas tout à fait déroulées comme prévues. Les 2 harpons sensés “agripper” Philae à la surface de la comète n’ont pas fonctionné, la capsule de gaz à froid qui devait aider à “plaquer” le module à la surface ne s’est pas déclenchée, et pour finir en conséquence de cela le module à finalement rebondi. Mais le hasard faisant bien les choses et d’après les explications des scientifiques il est apparu que “la chute” de Philae ait été en grande partie absorbée par la surface très molle de la comète (comme un poids amorti par un matelas en mousse) ne faisant finalement rebondir le petit robot que très légèrement lui laissant une seconde chance de se poser un peu plus loin.

Et c’est ce qui s’est passé, une attente interminable pour la communauté scientifique avant d’avoir la certitude qu’au final Philae s’est correctement stabilisé à la surface. Malheureusement Philae n’a pas atterri à l’endroit escompté et les conséquences sont réelles: non seulement l’orientation du module ne lui permettra pas d’optimiser son taux d’ensoleillement- de 6h prévu initialement, 1h30 en réalité maintenant- afin de recharger ses piles, mais cet arrimage délicat rend toutes les analyses prévues périlleuses, et surtout les forages capables d’éjecter le module dans l’espace (Philae ne pèse guerre plus d’un gramme sur la comète, contre 100 kg sur Terre).

Mais le bilan est plutôt positif puisque Philae a finalement pu accomplir 80% des analyses prévues (source ESA) et nous a fait parvenir des photos de la surface d’une comète d’une valeur inestimable. A l’heure actuelle (samedi 15 novembre – 9h00) il semble que Philae soit entrée dans une phase de sommeil puisque sa pile principale s’est épuisée. Mais tout espoir n’est pas perdu de reprendre contact avec lui, les scientifiques pensent même pouvoir reprendre le cours des analyses l’été prochain lorsque la comète croisera le soleil au plus près, fournissant ainsi plus d’énergie à Philae.

A l’heure actuelle nous attendons encore le résultat des analyses qui ont pu aller à terme et transmis à Rosetta, et quels que soient ces résultats, la mission Rosetta-Philae aura eu au moins le mérite d’attirer tous les regards sur Terre, d’effacer le temps d’un moment toutes nos différences, partager avec nous une part de rêve, nous tenir en halène dans une aventure digne des plus grands scénarios (ou scénarii) hollywoodiens qui a commencé il y a plus de 20 ans (en 1993). Alors vous je ne sais pas, mais en ce qui me concerne j’en reprendrais bien encore un peu!

Merci à Rosetta.

Merci à Philae.

Un très grand merci à ces femmes et ses hommes, techniciens, scientifiques, à ceux qui travaillent dans l’ombre à l’ESA ou au CNES et ailleurs, qui ont su une fois de plus être au rendez-vous des grands défis de l’histoire de l’Homme. Grace à eux, nous avons pu toucher du bout des doigts leur succès et au moins le partager et le vivre tous ensemble.

 

L’aventure Rosetta-Philae en images et Vidéos

 



Moment historique à la SAT:

 

 

Par hal9000, il y a

Une session de formation PIXINSIGHT à la SAT

Samedi 4 octobre, c’est déroulée à l’observatoire une formation sur le logiciel PIXINSIGHT. Durant 3 heures, Pierre LE CAM (membre de l’AIP), qui utilise ce logiciel depuis plusieurs années, nous à montré les possibilités quasi infinies de ce soft.
PIXINSIGHT est un logiciel vraiment spécialisé dans traitement d’image, il ne peut pas être utilisé pour les acquisitions. Il est aujourd’hui, devenu LA référence dans la communauté internationale des astro-photographes. En France, ce logiciel est de plus en plus employé notamment grâce aux efforts fournis par l’association AIP (Astro Imaging Processing). A noter qu’à ce jour, 2 des membres de la SAT, ont adhéré à cette association et à n’en pas douter, d’autres vont s’y inscrire rapidement.
Cette association, à l’initiative de Nicolas OUTTERS, un des grands spécialistes de l’astro-photo en France organise de nombreux stages de formation entre autre sur ce logiciel. PIXINSIGHT est un logiciel développé spécifiquement pour l’astronomie qui tend à remplacer petit à petit PHOTOSHOP qui était très utilisé jusqu’à maintenant.
Après un passage en revue des différentes options du logiciel et de sa philosophie d’utilisation qui déroute un peu au début, Pierre nous a fait une démonstration en “live” du traitement d’une image. Le résultat est spectaculaire!
Beaucoup de questions dans notre petite assemblée en particulier sur l’intérêt de PIXINSIGHT par rapport à ses concurrents actuels du marché (payants ou gratuits).
Rendez-vous est pris pour rentrer un peu plus dans le logiciel en commençant par l’étape indispensable du pré-traitement.
L’assemblée, pas très nombreuse malheureusement n’a cependant pas regretté le déplacement!
JM LEBOS
modéré par: Xavier