L’histoire de la Terre Creuse

EL QUINTO MUNDOL’histoire qui suit est vraiment extraordinaire et pourtant elle est vrai !

Pour certains la Terre serait plate; pour d’autres elle est ovale ; pour d’autres encore, elle est creuse et des gens habitent à l’intérieur ;Certains affirment qu’il y a eu plusieurs lunes et qu’il y en aurait encore deux.

C’est sans doute risible mais ces théories ont encore leurs adeptes au début du IIIième millénaire. Ils sont prêts à croire toute théorie qui s’insurge contre la raison, la science ou la civilisation …

 L’histoire de la terre creuse fait cependant exception :

En plein conflit mondial, elle est parvenue à mobiliser les meilleurs instruments de l’époque ainsi que les meilleurs savants mis de force au service d’une aberration.

Les origines

Tout commence au début du 19ème siècle.  Cleves Symnes, ancien capitaine d’infanterie, adresse une lettre « au monde entier » , les académiciens, les universitaires américains, pour leur faire part de sa découverte :

 « 10 avril 1818 , Je déclare, que la Terre est creuse et habitable intérieurement; elle contient plusieurs sphères solides, concentriques, placées l’une dans l’autre et elle est ouverte au pôle de 12 à 16 ° »

 Cette théorie « bizarre » a passionné de nombreux adeptes, citons :

  •    Jules Verne et son étrange « voyage au centre de la terre ». Il nous a habitué à plus de rationalité dans le support scientifique de ces récits;
  • Le fils de Symnes qui a popularisé l’idée que les 10 tribus perdues d’Israël seront retrouvées à l’intérieur de la sphère interne la plus extérieure.
  • Cyrus R Teed qui avait compris en 1870 que nous n’habitions pas sur terre mais à l’intérieur. Il a fait plus de 5000 adeptes et fondé un journal « l’Épée de feu » de vulgarisation astronomique ?!

 L’épée de feu

Pendant la première guerre mondiale Bender, jeune aviateur allemand découvre et lit dans un camp de prisonniers enterre-creuse2 France l’Épée de feu.

Le Holh Welt Lehre ou théorie de la terre creuse vient de renaître et va connaître une étrange fortune.

« La Terre est creuse, nous habitons sur sa surface mais comme des fourmis se trouvant à l’intérieur d’une boule. Au-dessous de nous s’étend le roc qui emplit tout l’espace, jusqu’à l’infini. Le soleil, les planètes et les astres se trouvent à l’intérieur de la sphère et sont beaucoup plus petits qu’on ne l’imagine »,

« La couche d’air s’étend jusqu’à 60 km puis se raréfie jusqu’au vide … au centre de la sphère. Au milieu de cette sphère se trouvent trois corps seulement.  Le Soleil, la Lune et une boule de gaz bleutée dans laquelle brillent des grains de lumière que les astronomes croient être des étoiles. Il fait nuit sur une partie de la terre concave, lorsque cette boule bleutée passe devant le Soleil, l’ombre de cette boule sur la Lune provoque des éclipses, L’univers se limite à cela : Nous sommes seuls et entourés de roc » .

Bender explique sa « géométrie » de la terre par la théorie physique suivante :

« Si nous croyons à un Univers extérieur situé au-dessus de nous, c’est parce que les rayons lumineux ne se propagent pas en ligne droite. Ils sont courbes à l’exception des infrarouges qui sont moins courbes (sic) » .

 C’est ce « principe » physique qui va donner l’idée d’utiliser des radars afin de prouver la théorie

En septembre 1940 les tous premiers radars ont sauvé l’Angleterre des attaques aériennes allemandes. Braqués en direction des côtes ils ont permis à l’aviation d’anticiper toutes les défenses et de contenir l’ennemi à l’extérieur de ses frontières.

En avril 1942, cette fois l’Allemagne possède, elle aussi, des radars.

Mais elle va s’en servir à tout autre chose que les Anglais.

Goering, Himmler et Hitler demandent au professeur Heinz Fisher grand spécialiste des radars et des rayons infrarouges de se rendre, dans le plus grand secret sur l’île de Rügen (côtes baltes) pour se livrer à l’expérience la plus ahurissante de l’histoire :

Braquer ses radars vers le ciel à 45° et … attendre !!!

Attendre quoi?

Attendre tout simplement, car si la terre est creuse, on finira par recevoir par réflexion des ondes radars, des images de points extrêmement éloignés, à l’intérieur de la sphère.

Goering espérait ainsi recevoir des images de la flotte anglaise mouillant à … Scapa Flow!

Et c’est ainsi  qu’au moment où les alliers commencent de bombarder massivement l’Allemagne et ses usines d’armement la plus grande partie des rares radars germaniques sont ailleurs.

Géographiquement c’est sur, mais aussi dans un autre monde …

Et c’est peut-être grâce à la théorie concoctée par Cleve Symnes  en 1818 que les Alliers ont pu sauver le monde libre en 1944.

Mais ce n’est pas tout :

Un journal canadien, le Weekly World News daté du 14 février 1995 a intitulé un de ses articles : « La NASA reçoit des signaux radio du centre de la Terre ». Le journal a précisé : « Cap Canaveral, Floride – la NASA reçoit des signaux radio qui viennent de l’intérieur de la Terre. Des experts pensent que ces signaux sont émis par une forme de vie intelligente et très développée »

imacouvtc

 

 

Bien entendu ce communiqué n’a jamais été confirmé… Mais il reste encore des gens convaincus …

 

 

Rosetta à 100 km de son objectif final

Churyumov-Gerasimenko

Photo prise le 1er Août 2014 à 1000km de la comète.

 

 

C’est demain que la sonde Rosetta devra se placer en orbite à une centaine de kilomètre de Churyumov-Gerasimenko une comète à la forme plutôt curieuse évoquant un « petit canard » de quelques kilomètres (5 en moyenne) tournoyant sur lui-même.

Après un périple d’une dizaine d’années et un sommeil d’environ 2 ans, Rosetta s’apprête donc à se mettre en station autour de la comète. Les premières analyses débuteront donc à partir du 6 Août. Mais beaucoup de données ont déjà été récoltées à l’approche de la comète et on sait déjà que sa température en surface est un peu plus chaude que ne l’avait laissé penser les estimations, la sonde a en effet relevé une température d’environ -70°C alors qu’on pensait trouver une température avoisinant les -100°C. Ceci révèle déjà une information très intéressante sur la couche extérieure de la comète qui a donc accumulé une certaine épaisseur de poussière qui à son tour se réchauffe très légèrement sous la faible lueur de la lumière du soleil. Rosetta pourra donc sonder à quelle vitesse varie la température sur les premiers centimètres d’épaisseur de la comète puisque la comète tourne sur elle-même, apportant ainsi une information supplémentaire sur le choix crucial de « l’amarrage » de Philae, le module que Rosetta a emporté avec elle et qui devra réaliser la prouesse de se poser pour la première fois à la surface d’une comète. La zone « d’atterissage » sera d’une grande importance pour les études qui devront être menées à la surface de la comète. En effet le site devra être en mesure de pouvoir répondre à l’ensemble des missions et analyses qui ont été programmées, mais Philae ne disposant que d’une source assez réduite d’énergie, le lieu choisi ne devra pas présenter d’obstacles susceptibles d’engendrer une surconsommation d’énergie.

animation-Churyumov-Gerasimenko

Les enjeux d’une telle mission sont véritablement capitaux dans les questions qui animent les scientifiques depuis des décennies, parmi ces questions l’une d’entre elles concerne la formation du système solaire puisqu’on pense trouver des réponses au sein des composés chimiques enfouis dans les couches gelées de la comète puisqu’ils sont les témoins-fossiles de la formation de notre système solaire ; mais par dessus tout, la réponse à l’apparition de la vie sur Terre qui aurait pu être « apportée » par les comètes lors des grands bombardements juste après la formation de notre planète. En effet l’hypothèse la plus folle serait de déceler et donc de confirmer la présence de composés chimiques extrêmement simples mais nécessaires à l’apparition de la vie (acides aminés ou aminoacides ) validant ainsi la thèse qui veux que la vie ne soit pas apparue sur Terre mais que son origine soit extraterrestre et qu’elle ait trouvé des conditions favorables pour se développer.

philae-Churyumov-GerasimenkoPhilae est programmé pour se poser sur la comète le 11 Novembre prochain. Si les résultats des analyses confirment l’hypothèse de la vie extraterrestre, alors nous ne serions officiellement plus seuls dans l’univers, car si un tel scénario a pu se dérouler pour la Terre, c’est qu’il a également pu se produire aussi pour n’importe quelle autre planète regroupant les mêmes conditions que la Terre. Finalement, à la question « sommes nous seuls dans l’univers? » aura trouvé sa réponse sur Terre car nous serions nous même des extraterrestres. Rendez-vous le 11 Novembre prochain.

PHEMU 2015, un challenge pour tous

Les PHEMUS :Obiwan-Kenobi ????

Le coup de feu va bientôt retentir pour cette campagne 2014-2015 des Phémus.

Petit rappel: que sont les Phémus? Il s’agit très simplement de l’abréviation pour « Phénomènes Mutuels », mais de quoi parle-t-on? Tous les 5 ans environ, la Terre passe dans le plan de l’écliptique de Jupiter, nous plaçant en alignement avec elle et ses satellites dits « Galiléens » puisque découvert par lui il y a maintenant un petit peu plus de 4 siecles.

Quel est l’intérêt des Phémus? l’étude porte sur une meilleure connaissance de la mécanique des 4 principaux satellites de Jupiter. Aujourd’hui encore cette mécanique garde des zones d’ombres, bien que les éphémérides de ces astres soient connus, ils ne sont cependant pas tout à fait exacts parfois de plusieurs secondes voir plus d’une dizaine, se traduisant pour les satellites à des incertitudes de plusieurs centaines de kilomètres! C’est tout l’enjeu de cette campagne: améliorer les éphémérides de ces satéllites.

Que cherche-t-on à observer? les observations porteront essentiellement sur les éclipses de satellites et/ou leurs occultations mutuelles.

Ces campagnes apportent donc une amélioration des connaissances de la mécanique du système de Jupiter, mais c’est également un des rares moment ou les professionnels font appel aux astronomes amateurs par manque de temps.

Ou se trouve la difficulté?

Faire une photo du ciel profond ou d’une planète pour son propre plaisir n’impose aucune rigueur en ce qui concerne le moment où on réalise ce cliché, pour peu qu’il fasse beau, que les conditions climatiques ne génèrent pas (trop) de turbulence, et l’affaire est dans le sac quand on a un peu d’expérience en photo astro. En ce qui concerne les Phémus, il faut « malheureusement » compter avec le temps, plus précisément avec le temps UTC (Universal Time coordinated) et c’est à ce moment précis que les choses commencent à se corser fortement.

Pour avoir une chronologie précise des événements l’IMCCE – Institut de Mécanique Celeste et Calcul des Ephémérides – « impose » une précision de datation des clichés (photos ou vidéos) inférieur à 1/10eme de seconde (0,1 s) par rapport au temps UTC. C’est sur ce point précis que toute la difficulté des Phémus repose.

Les solutions.

Si vous examinez l’heure sur 2, 3, 4 ordinateurs ou plus vous constaterez qu’ils sont rarement à « l’unisson » d’un point de vu temps, et il est encore plus probable qu’aucun d’entre eux ne soit synchronisé à l’heure UTC. Pour pouvoir obtenir une heure fiable sur un ordinateur il n’existe pas beaucoup de solutions, mais deux principales sont de choix:

1/ La première solution, la moins coûteuse, propose une fiabilité de l’ordre du 1/100eme voir du 1/1000eme de seconde et semble « suffisante » pour peu que la dérive de l’heure sur l’ordinateur ne soit pas trop importante. Il s’agit du système de mise à l’heure via un (ou des) serveur(s) NTP (Network Time Protocol).

2/ la seconde solution à retenir est celle du GPS via le PPS (Pulse Per Second) La fiabilité de ce système de mise à l’heure est estimée à environ 1µs.

Je ne rentrerai pas dans les détails de mise en place de telle ou telle solution, internet regorge déjà suffisamment de sites traitant du sujet.

La Société Astronomique de Touraine s’est donc lancée dans l’aventure « Phémus », tout comme bon nombre d’associations ou de particuliers qui souhaitent apporter leur pierre à l’édifice.

Comment cela va-t-il se passer concrètement?

L’IMCCE a edité une sorte de « charte » de conduite à tenir afin de mener au mieux cette nouvelle campagne qui débutera officiellement le 17 Aout 2014 et se terminera le 22 Aout 2015 pour un total de 477 événements, en réalité seuls 442 seront observables (selon conditions météo) entre le 1er septembre 2014 et le 20 Juillet 2015.

Vous trouverez également ICI un guide détaillé de l’ensemble des dispositions à prendre pour réaliser au mieux cette campagne, comme par exemple l’utilisation de filtres interférentiels « CH4  » (7260 Å , 8300 Å , 8900 Å , …) afin de « masquer » Jupiter pour les phénomènes qui en seraient trop proche. Ou bien cette page par exemple, qui donne en détaille la « meilleure » façon de procéder pour les captures video.

Une fois vos captures réalisées, voici comment procéder afin de les faire parvenir à l’IMCCE, soit par mail, soit par courrier postal en précisant:

« FICHE DE COMPTE-RENDU D’OBSERVATION VISUELLE
(à renvoyer après chaque observation à l’IMCCE, PHEMU15, 77 ave. Denfert-Rochereau, F-75014
PARIS 

ou phemu@imcce.fr)

PHENOMENE OBSERVE :
NOMS DES OBSERVATEURS:
ADRESSE:
LIEU DE L’OBSERVATION:
Coordonnées géographiques: (longitude: h m s; latitude: ° ‘ « ; altitude= m).
CONDITIONS météorologiques (brume, passages nuageux?):
Qualité du ciel (stable, transparent?):
Stabilité des images:
Hauteur sur l’horizon au moment de l’observation:
Crépuscule? Lune?
INSTRUMENT UTILISE:
Télescope ou lunette?
Ouverture:
Focale:
Grossissement utilisé:
Défocalisation effectuée?
BASE DE TEMPS utilisée (référence?):
Echelle de Temps utilisée (horloge parlante,…):
ESTIMATION de la qualité de l’observation
(sûre, moyenne, douteuse…):
Estimation de la valeur en magnitude de votre « degré » personnel utilisé pour les comparaisons d’éclat:
COMMENTAIRES ET REMARQUES:
Joindre la liste des estimations d’éclat effectuées avec l’instant de chacune d’elles.
Indiquer les astres de référence utilisés avec leur magnitude visuelle à la date de l’observation. »

Hubble au secours de New Horizons

New Horizons, la mission de la NASA aux limites du système solaire, va être secouru par le télescope Hubble à la recherche desesperé d’un corps glacé que la sonde devra survoler après son passage aux abords de Pluton en Juillet 2015.

En l’équipe en charge de la mission est pour le moment dans l’impossibilité de trouver un corps convenable à la seconde partie du programme New Horizons qui, après le survol de Pluton doit aller étudier un objet de la ceinture de Kuiper (KBO – Kuiper Belt Object). En effet la recherche précoce peut avoir un effet majeur sur la consommation d’énergie de la sonde. Plus la destination sera trouvée tôt et plus une trajectoire « idéale » sera économique en énergie.

Hubble devrait donc débuter cette semaine sa nouvelle mission d’une 40 d’orbites autour de la Terre, rappelons-le, le télescope spatial met a peu près 97 min pour faire une révolution autour de la Terre, mais évidement seule une soixantaine de minutes seront réellement utilisables puisque à certain moment la Terre masquera la zone de recherche.

La recherche de cet objet se fera évidement dans la zone accessible par les propulseurs de la sonde. Un comité d’allocation du temps (d’utilisation de Hubble), le TAC (Time allocation Committee) constitué de 18 astronomes ont d’ores et déjà attribué 120 révolutions supplémentaires si la recherche d’une série de candidats se révèle fructueuse, et 30 de plus si un vainqueur est désigné afin d’ajuster au mieux son approche par New Horizons.

Le problème majeur est que la zone de recherche se trouve exactement dans un endroit ou passe le centre de la voie lactée rendant de fait difficile le repérage d’un KBO qui se trouve alors masqué par la lueur du coeur de notre galaxie. Des recherches avaient déjà été menées sur différents sites d’observation sur Terre mais sans résultat probant. Hubble devrait donc ouvrir un nouvel espoir pour l’équipe en charge de la mission. En réalité le programme « New Horizons » a eu les yeux plus gros que le ventre, car lorsque la sonde fut lancée en 2006 on pensait alors à ce moment là que les KBO existaient en plus grande quantité.

Avec un temps d’occupation extrêmement rempli, certains observateurs s’inquiètent du fait que le TAC refuse tout simplement de prolonger le temps nécessaire à la découverte d’un corps gelé pour New Horizons. Cependant le problème a attiré l’attention du sous-comité du Sénat en charge des approbations scientifiques et dirigé par le sénateur Barbara Mikulski dont l’état comprend à la fois le STScl (Space Telescope Science Institute) et le laboratoire de physiques appliqués de l’université  Johns Hopkins. Un rapport a donc été validé en début de mois afin d’approuvé un budget de la NASA pour mené à bien cette mission.

 

De Galilée à Jupiter – mise à jour

Cette article comporte une mise à jour signalée.

Si il est un astronome connu de tous les amateurs et plus largement du grand public c’est bien Galilée. Galilée est surtout connu dans le monde des astronomes pour être le premier à avoir pu observer les satellites de Jupiter et surtout, c’est là sa grande prouesse, d’avoir su transposer cette mécanique au système solaire, venant de fait appuyer la théorie de Nicolas Copernic qui avait quelques années auparavant expliquer le mouvement rétrograde des planètes en adoptant un système héliocentrique et non géocentrique comme c’était le cas depuis Aristote et ses fameuses sphères de cristal.

lunette_galilee

Ici une des nombreuses lunettes réalisées par Galilée.

Evidement inutile ici de refaire une énième biographie du célèbre scientifique, il en existe pléthore sur internet et dans toutes bonnes encyclopédies qui se respectent, et rivalisant les uns avec les autres de détails croustillants prêtant même à l’homme des phrases à priori apocryphes ( « E pur si muove »).

Ce qui serait en revanche amusant aujourd’hui serait, a titre posthume, de montrer a Galilée ce qu’il a observé, qu’il prenait pour des etoiles « médicéennes » (du nom de la famille Médicis) et que Johannes Kepler, qui vécut exactement à la même époque que Galilée, a appelé « Sattelites » (satelles – compagnon, gardien). Avec la technologie d’aujourd’hui c’est une chose tout à fait possible à faire. Il suffit pour cela d’utiliser Stellarium – disponible gratuitement sur internet et en téléchargement dans les archives de notre site- en se replaçant à l’époque d’observation de Galilée dans les même conditions: grossissements, configurations des satéllites.

Pour cela il suffit de s’appuyer sur les observations de l’astronome qui, en bon scientifique avait l’habitude de noter absolument toutes ses observations et dont il publia un recueil: Sidereus Nuncius, litteralement « l’annonceur sideral » mais plus connu sous le nom du « Le messager des étoiles » (traduit ici en anglais).

Rendons nous directement à la page 38 pour y decouvrir les fameuses observations. Une fois de plus la perspicacité de Galilée fait qu’il note le jour et même l’heure d’observation, Galilée notait les heures d’observation à partir du coucher du soleil. Nous savons également qu’a cette époque Galilée est professeur à l’université de Padova (près de Venise). Les conditions sont presque toutes remplies pour pouvoir tenter l’expérience: le lieu, la date du jour d’observation et l’heure (On the 7th day of January in the present year, 1610, in the first hour of the following night… – Le 7 Janvier de cette année-ci, 1610, a la premère heure de la nouvelle nuit -le soir une heure apres le coucher du soleil…) , mais Il nous manque une information capitale: la lunette. D’apres les quelques exemplaires qui sont aujourd’hui visibles dans les musées nous savons que Galilée a réalisé des instruments capables d’un grossisment d’environ 20 à 30 fois avec un champ d’environ 15′ d’arc (0,25°) fabriquée avec des lentilles convexe, ces derniers détails ont leurs importances car selon les cas de figures  le pouvoir séparateur des instruments ne permettait à Galilée de discerner 2 satellites trop proche l’un de l’autre, et 15′ d’arc c’est tout juste suffisant pour observer l’élongation maximum de Callisto  . Voila cette fois la liste est complète, tentons cette expérience.

Le 7 Janvier 1610 aux premieres heures: (cliquez pour agrandir)

Voici ce que Galilée relève: (ori: orient=Est / Occ:occident=Ouest)

SN_7Jan1610

 

Le même moment avec Stellarium:

Stell_7Jan1610

 

En superposition:

Superposition_7Jan1610

Il est amusant de constater que la superposition de Io et Europe ait pu tromper l’oeil du maître ne croyant ainsi distinguer qu’une seule et même « étoile ». Nous pouvons évidement renouveler l’expérience autant de fois qu’il existe de croquis.

Prenons par exemple le 13 Janvier 1610, date à laquelle Galilée put observer pour la première fois les 4 satellites simultanément:

Superposition_13Jan1610

 

Encore une fois les relevés faits par Galilée se montrent particulièrement juste, et les remarques non moins judicieuses:

« II y en avait trois à l’ouest et une à l’est ; elles formaient presque un alignement, car l’étoile médiane du groupe des occidentales déviait un peu de la ligne droite vers le nord. La plus orientale était éloignée de Jupiter de deux minutes, les distances des autres et de Jupiter étaient séparées chacune d’une minute seulement. Toutes les étoiles avaient la même grandeur et, quoique petites, elles étaient cependant très brillantes et avaient beaucoup plus d’éclat que les étoiles fixes de la même grandeur. »

[MISE A JOUR:

La curiosité m’a poussé a tenté l’expérience mais cette fois-ci avec « Celestia » un autre logiciel gratuit lui aussi et également disponible sur internet et dans nos archives; et voici le résultat de cette comparaison (cliquer pour agrandir):

celestia_13011610_combined_compared

Voici donc en projection la véritable configuration des satellites de Jupiter ce fameux soir du 13 Janvier 1610. ]

Mais ce qui est surtout remarquable c’est que Galilée a su garder un oeil critique, être toujours rester objectif et ne pas se laisser dominer et influencer par ce qui était à l’époque une vérité divine. Plus encore, Galilée fit le rapprochement entre les astres de Jupiter et les planètes du système solaire comme il le décrit lui-même à cette époque:

[…] »J’ai noté tous ces repérages de Jupiter et de ses planètes par rapport à l’étoile fixe afin que, grâce à eux, chacun puisse comprendre que la progression de ces dites planètes, soit en longitude soit encore en latitude, s’accorde parfaitement avec les mouvements dérivés des tables.

Voici donc les observations des quatre planètes médicéennes, récemment, et pour la première fois, découvertes par moi. À partir de ces observations, et malgré qu’il ne m’ait pas encore été possible de calculer leurs périodes, il est permis d’énoncer
certaines remarques dignes d’attention.

D’abord, puisque, soit elles suivent, soit elles précédent Jupiter à des distances analogues, qu’elles ne s’en écartent, tant à l’est, qu’à l’ouest, que d’intervalles très limités, et qu’elles l’accompagnent dans son mouvement rétrograde comme dans son mouvement direct, on ne peut douter qu’elles poursuivent leurs révolutions autour de lui, tandis qu’elles effectuent ensemble leur révolution en douze ans autour du centre du monde.

De plus, elles tournent sur des cercles inégaux, ce qui se déduit clairement du fait que dans les plus grandes élongations, loin de Jupiter on ne peut jamais voir deux planètes en conjonction, alors que près de Jupiter elles sont parfois serrées,
à deux, à trois et parfois toutes ensemble.

On comprend également que les révolutions des planètes qui décrivent les cercles les plus étroits autour de Jupiter sont les plus rapides. En effet les étoiles les plus rapprochées de Jupiter sont assez souvent observées à l’est quand la veille elles étaient à l’ouest, et vice-versa. En outre l’examen soigneux de ces révolutions montre que la planète qui parcourt la plus grande orbite semble revenir à son point de départ en un demi-mois.

En plus, nous avons ici un magnifique et très clair argument pour ôter tous scrupules à ceux qui, tout en admettant la révolution des planètes autour du Soleil dans le système copernicien, sont troublés par la durée du tour que fait la Lune autour de la Terre, alors que toutes deux accomplissent un circuit annuel autour du Soleil au point qu’ils jugent que cette organisation de l’univers doit être rejetée comme impossible. En effet, à présent, nous n’avons pas seulement une planète qui tourne autour d’une autre, tandis que l’une et l’autre parcourent une grande orbite autour du Soleil, mais nous observons quatre étoiles tournant autour de Jupiter comme la Lune autour de la Terre, tandis que
toutes ensemble avec Jupiter, elles parcourent leur orbite autour du Soleil, en douze ans. Enfin, il faut rechercher la raison pour laquelle il se trouve que les astres médicéens, quand ils accomplissent autour de Jupiter leurs rotations très resserrées, semblent parfois doubler de grandeur. »[…]

Remarquable non? Comment ne pas être à la fois admiratif et sidéré devant tant de déductions plus intelligentes les unes que les autres?

Je ne sais pas si on pouvait dire de Steve Jobs que c’était un visionnaire et que son iPad a révolutionné le monde? Mais une chose est certaine: Galilée était un génie qui a permis aux Hommes d’avoir une vision plus claire et juste du monde dans lequel ils vivent.

 

Retrouvez ici l’intégralité des publications « Siderius » gracieusement mis en ligne par l’observatoire de Lyon en collaboration avec la Société Astronomique de Lyon.

LE SOLEIL (dossier versus 3)

apollo10Depuis toujours le Soleil a fasciné les différentes civilisations, dans le monde entier. De tous temps la lumière du Soleil a été exploitée et analysée. On sait depuis peu que le Soleil est vivant, qu’ il est né et qu’il mourra. On sait aussi et surtout bien sur que le Soleil est une étoile banale parmi les milliards d’étoiles de notre Galaxie et les milliards de galaxies de l’univers.

 

Pour toutes  ces raisons c’est un dossier en 6 épisodes que nous vous avons invités à parcourir.

Notre objectif est de découvrir cet astre qui ne peut être regardé en face et qui a guidé, guide et guidera le destin de l’humanité. En bref, de pouvoir le tutoyer comme nous allons te tutoyer dans ce dossier.

Voici le 3ème sujet, tu peux revenir sur les précédents mais il te faudra attendre la semaine prochaine pour lire le prochain … puis de semaine en semaine les suivants.

Sommaire :

Le sujet Précédent  :

Le sujet du jour : 

Les sujets à venir :

  • Le soleil est une étoile
  • Le soleil a un cœur !
  • Le Soleil …  ce qu’il faut retenir