Les météores d’Auriane, un vrai régal.

Vendredi dernier, dans la salle Senghor du lycée Descartes, c’est tenue la conférence sur les météores assurée par Auriane EGAL doctorante à l’IMCCE dont le sujet de thèse porte sur la détermination des corps parents de ces fameux météores.

Auriane Egal nous a donné des explications  sur les origines des phénomènes lumineux dans l’atmosphère terrestre, plus particulièrement ceux  provoqués par ces petits objets y entrant à très grande vitesse,  ce sont, dans le langage populaire, les « étoiles filantes ». Nous avons donc pu découvrir comment ses phénomènes apparaissaient, ce qui provoquait leur luminescence, nous avons pu comprendre quel était le parcours compliqué de ces poussières issues des comètes et pourquoi la Terre traversait régulièrement ces « essaims » d’étoiles filantes. Nous avons ainsi pu approfondir la nature de ces corps, leur composition,  leur comportement dans l’atmosphère terrestre et les caractéristiques de ceux qui atteignent le sol.

A. EGAL  en a profité pour parler des programmes actuels qui permettent d’étudier ces objets célestes , et notamment du projet FRIPON qui consiste en un réseau national de surveillance du ciel qui grâce à des caméras et des méthodes de triangulation, permet, après beaucoup de calculs, de remonter aux trajectoires de ces corps mystérieux que sont les étoiles filantes. La Touraine s’est équipée d’une de ces caméras et le site retenu  pour sa mise en service est l’observatoire de Tauxigny, il sera donc possible prochainement d’observer le ciel de Touraine depuis son ordinateur, en se rendant sur le site de l’IMCCE (adresse internet à venir). L’objectif est l’organisation de battues pour retrouver ces météorites après détermination du point d’impact calculé. Les scientifiques  pourront alors  analyser ces météorites et  remonter aux caractéristiques du corps parent dont l’identité sera peut-être déterminée dans le cadre des méthodes développées par la thèse d’Auriane EGAL.

Le public s’était déplacé en nombre pour assister à cette conférence organisée par la SAT  grâce à la précieuse participation de Centre-Sciences (CCSTI). Nous avons pu entendre les dernières nouveautés et informations en matières de météorites, le tout fut assuré par une conférencière au discours clair, à la portée de chacun. En fin de séance A. EGAL a pris le temps  de répondre avec un grand plaisir à toutes les questions et interrogations qu’un sujet comme celui-ci peut soulever.

La Société Astronomique de Touraine remercie Centre Sciences, le lycée Descartes, l’IMCCE et Auriane EGAL pour cette conférence très riche d’enseignements. Nous donnons évidement rendez-vous au public l’année prochaine pour l’édition 2016 de la fête de la science.

 

14 Juillet 2015, une nouvelle date dans l’histoire de la conquête spatiale

Ce sera effectivement le 14 Juillet 2015 vers 14h (heure de France) que la sonde New Horizons survolera Pluton. On pourrait se demander si la date n’aurait pas été choisie pour correspondre à notre fête nationale? je vous rassure même si les americains nous apprécient au point d’ecouter tout ce qui se raconte en France ils n’en sont pas moins patriotes et cette date est une pure coïncidence du calendrier. Il faut par ailleurs savoir qu’en réalité la principale mission de la sonde New Horizons n’est pas d’aller « visiter » Pluton mais d’étudier les corps qui naviguent dans la ceinture de Kuiper, une ceinture d’astéroïdes dans la bordure externe du système solaire et dont on suppose que Pluton a du faire partie au début de la formation du système solaire. Mais la fenêtre de tir calculée pour le 19 Janvier 2006 laissait entrevoir la possibilité d’un survol de ce qui était encore à l’époque considéré comme une planète avant que le 24 Août 2006 -quelques mois plus tard- Pluton se retrouve « dégradée » au rang de planète naine au même titre que Cérès, Sedna, Vesta, Haumea, Quaoar, Eris etc…, voila la définition simplifiée disponible sur Wikipédia:

L’Union astronomique internationale, organisation chargée de la nomenclature astronomique, définit une planète naine comme un corps céleste du Système solaire qui satisfait aux conditions suivantes1 :

  • il est en orbite autour du Soleil (ce n’est donc pas un satellite naturel) ;
  • il possède une masse suffisante pour que sa gravité l’emporte sur les forces de cohésion du corps solide et le maintienne en équilibre hydrostatique (sous une forme presque sphérique) ;
  • il n’a pas fait place nette dans son voisinage orbital ;
  • il ne doit pas être un satellite naturel.

Si pour les points 1, 2 et 4 Pluton peut prétendre valider les définitions, c’est sur le 3eme que tout a basculé. En effet Charon qui était considéré jusqu’alors comme un satellite naturel de pluton se trouve trop proche de Pluton et est à peine plus petit, Pluton 2300 km de diamètre environ et Charon 1210 km environ , on a donc considéré que Charon n’était plus véritablement un satellite mais que le couple Pluton-Charon formait plutôt un « duo » comme le montre cette animation réalisée en tout début d’année (2015), Les deux astres issus de la ceinture d’astéroïdes de Kuiper:

animation_pluton_charon

Le jour-J approche, ou plutot le « D-Day » où New Horizons pourra révéler la composition de Pluton à un stade qui n’aura presque pas evolué depuis la formation du système solaire la température est en effet considérée comment étant proche du 0°K ou « zéro absolu », -273,149 999°C température record atteinte en laboratoire « À 0° K, une substance ne contient plus à l’échelle macroscopique l’énergie thermique (ou chaleur) nécessaire à l’occupation de plusieurs niveaux énergétiques microscopiques » (wikipedia) plus clairement à ce stade les molécules et les atomes « n’évoluent » plus et leur état se conserve. Enfin New Horizons pourra surtout satisfaire notre curiosité d’astronomes amateurs car ce sera la première fois dans l’histoire que nous pourrons découvrir le vrai visage de Pluton, car il n’existe a l’heure actuelle aucune photo précise de cette toute petite planète (naine) dans nos livres d’astronomie, en voici une des plus récentes prise le 18 Juin 2015:

Pluton_18juin2015_NewHorizons

 

Mise à jour (12/07), photo prise le 11 Juillet 2015:

Pluton_11072015

 

 

 

En attendant cet événement la NASA vous propose de faire une petite expérience pour prendre conscience de éloignement de Pluton par rapport au soleil, ils ont appelé cette expérience « Pluto- time » (l’heure de Pluton). Le principe est simple sur la carte fournie vous désignez l’endroit où vous êtes et le site vous calcule à quelle heure du matin ou du soir il faut prendre un « egoportrait » (selfie) pour simuler midi sur Pluton, voila ce que cela donne pour l’observatoire de Tauxigny (au 2 Juillet 2015), il faudrait faire un egoportrait à 6 heures du matin (heure de Paris) avant le lever du soleil, cela laisse un peu sans voix, vous pouvez faire l’expérience par vous-même en vous rendant sur cette page et y voir quelques egoportraits assez « parlants »:

L_heure_de_Pluton

Mise à jour 13/07 @ 16h30:

Avec 24h d’avance, voici en 3D les dernières heures avant le survol de Pluton par New Horizons, et les quelques heures qui suivent. Afin de mieux comprendre voici le rôle des 4 cameras embarquées:

LORRI: Long Range Reconnaissance Imager, appareil photo télescopique; obtient des données de rencontre à de longues distances, dresse la carte de Pluton et fournit des données géologiques haute résolution.

Ralph: Imageur/spectromètre visible et infrarouge; fournit la couleur, la composition et des cartes thermiques.

Alice: Spectromètre d’image ultra-violet; analyse la composition et la structure de l’atmosphère de Pluton et cherche des atmosphères autour de Charon et des Objets de la ceinture de Kuiper (KBO’s).

REXRadio Science EXperiment, Mesure la composition atmosphérique et la température; radiometre passif.

De la Terre à la Lune, voyage dans le temps: les missions Apollo en (milliers) images

20 Juillet 1969, cette date est entrée dans l’Histoire parmi les plus grandes qui jalonnent les événements dans la mémoire des Hommes. Mais si on ne retient que cette date et la mission qui lui est associée, Apollo 11  fait en réalité parti d’un programme bien plus vaste qui s’étale de 1961 à 1975 et qui coûtera durant cette periode la bagatelle de 25M$ de l’époque aux contribuables américains (soit environ 130M$ actuels), une somme phenomenale. Si le programme débute en 1961, ce sont véritablement les paroles de J. F. Kennedy le 12 Septembre 1962 qui marquera les esprits par un discours volontairement engagé, tout cela dans un climat de guerre froide, la course à la conquête spatiale était lancée, prochaine étape: la Lune.

 

 

Durant ces missions la NASA collecta une quantité impressionnante de matières de roche lunaire qu’elle continue encore aujourd’hui d’analyser grâce aux nouvelles technologies et à disséminer parcimonieusement à travers le monde dans les laboratoires de recherche compétents. Ce n’est pas tout, grâce aux astronautes de l’époque la NASA put également archiver des milliers de photos. A l’approche du 46 ième anniversaire le 20 Juillet prochain, je vous propose de découvrir ces archives colossales grâce au site LPI ( Lunar and Planetary Institute), vous trouverez tout à cette adresse.

Philae reprend du service.

dessin_reveil_philae

Enfin! Cela faisait près de 7 mois que nous attendions cet événement, la quatrième tentative fut la bonne, c’est donc officiel depuis dimanche 14 Juin, Philae s’est réveillée de son hibernation et va pouvoir profiter de sa proximité avec le soleil pour recharger ses batteries grace à ses panneaux solaires. Malheureusement nous le savons, tout ne s’était  pas correctement passé lors de cet « accometissage » en Novembre dernier (12/11/14), le rebond a eu pour effet de mettre Philae en « mauvaise posture » et de ne pas présenter ses panneaux solaires de façon optimal par rapport au soleil, le temps « d’ensoleillement » ne sera pas aussi long que prévu initialement. Mais tout n’est pas complètement noir sur le tableau, bien au contraire la mission a pu déjà remplir une très grande quantité du cahier des charges qui avait été prévu. Tous les risques sont-ils écartés pour autant? non, la plus grande crainte des scientifiques est que Philae se soit posée à un endroit qui dissimulerait un point d’activité de dégazage de la comète, et que la proximité au soleil réveillerait ce qui aurait pour effet d’expulser Philae dans le vide de l’espace. Mais ne soyons pas pessimistes, tout se déroule plutôt bien pour le moment et les travaux vont donc reprendre nous apportant de nouvelles révélations. Vous pouvez retrouver plus de détails directement sur le site dédié: http://www.esa.int/fre/ESA_in_your_country/France/Rosetta

 

En attendant je vous invite à voir ou à revoir l’excellent documentaire qu’a consacré Arte sur la mission Rosetta-Philea. Un documentaire qui revient sur 20 années de travaux ,depuis l’idée du projet dans les années 90 jusqu’à 2014. Une aventure spatiale extraordianire, un challenge titanesque pour un résultat tout aussi incroyable:

Un documentaire de Jean-Christophe Ribot (France, 2015, 54 min)

 

SDO a soufflé ses 5 bougies le 11 février

[ezcol_1third]SDO5years[/ezcol_1third] [ezcol_2third_end]5 ans déja que le satellite SDO (Solar Dynamic Observatory) scrute notre étoile, le décortique dans toutes les longueurs d’ondes possibles nous fournissant des données et surtout des images spectaculaires de notre soleil comme jamais auparavant. La NASA a mis en ligne pour l’occasion un petit film qu’il faut ABSOLUMENT voir et surtout en Haute Définition (si votre connexion vous le permet)[/ezcol_2third_end]. Le spéctacle est saisissant et pour vous convaincre des enormes avancées et des connaissances que nous avons accumulées et avant de vous jeter sur la vidéo de la NASA, voici les images, époustouflantes pour l’époque – faut-il le rappeler – prises il y a près de 80 ans (depuis 1935) et montées dans un film en 1957, que Bernard LYOT avait pu faire grace a un coronographe dont il est l’inventeur, des images qui forcent de toute façon le respect devant la prouesse qu’elles représentent, et par la majestée et l’humilité que nous devons à un tel déploiement de force. Images commentées par Paul COUDERC:

LES FLAMMES DU SOLEIL (merci à Pierre-Jean pour le tuyau):

 

 

S.D.O, NASA:

 

Rosetta-Philae, une page de l’Histoire et une incroyable épopée

J+3. L’effet « Philea » est retombé. 3 jours après cet événement d’une ampleur sans précédent depuis des années (des décennies?) dans l’histoire de la conquête spatiale que faut-il retenir de tout cela alors qu’au moment ou nous lisons ces lignes ce « petit » robot semble s’être endormi?

Assurément la conquête spatiale vient de franchir un pas, un de plus après Neil Armstrong sur la Lune, Les sondes Vénéra sur Venus, Huygens sur Titan et les rovers de Mars. Il faut bien se rendre compte que cette fois-ci la barre était haute et même « très » haute, imaginez qu’une équipe de fous munie d’un canon à Los Angeles doit viser, atteindre et mettre en orbite un petit pois autour d’une voiture qui se déplace à 18km/s à New York ; imaginez ensuite qu’une autre équipe toute aussi folle doit relever le challenge de faire atterrir une plume sur l’aile d’un 747 en plein vol en s’aidant simplement de la gravité de l’avion et de 2 petites aiguilles !

Ce sont pourtant les 2 prouesses qui ont été relevées l’une le 6 Août 2014 quand Rosetta s’est mise en orbite autour de la comète, et dans un deuxième temps ce fameux 12 novembre 2014 qui est maintenant une date historique, lorsque pour la première fois de l’histoire, l’Homme a posé un engin à la surface d’une comète. Pensez qu’il n’y a que 100 ans (en 1914) nous savions à peine faire voler des avions. Quelle avancée technologique! quel bond en avant pour le bien universel. Évidement cela ne résout en rien les conflits dans le monde ou la misère, mais cet événement a le mérite d’exister, et de nous prouver à nous même que l’Homme est capable d’accomplir de grandes, voire même de très grandes choses, et dans la période économique difficile que nous traversons tous, c’est un formidable message d’espoir envoyé pour l’avenir.

12 Novembre 2014 à 17h04, la date est maintenant historique, et après un acometissage (terme consacré par la presse spécialisée) l’ESA envoie ce message sur twitter de la part de Philae: « Touchdown! My new address: 67P! » (Contact! ma nouvelle adresse: 67P!). Mais nous le savons maintenant les choses ne se sont pas tout à fait déroulées comme prévues. Les 2 harpons sensés « agripper » Philae à la surface de la comète n’ont pas fonctionné, la capsule de gaz à froid qui devait aider à « plaquer » le module à la surface ne s’est pas déclenchée, et pour finir en conséquence de cela le module à finalement rebondi. Mais le hasard faisant bien les choses et d’après les explications des scientifiques il est apparu que « la chute » de Philae ait été en grande partie absorbée par la surface très molle de la comète (comme un poids amorti par un matelas en mousse) ne faisant finalement rebondir le petit robot que très légèrement lui laissant une seconde chance de se poser un peu plus loin.

Et c’est ce qui s’est passé, une attente interminable pour la communauté scientifique avant d’avoir la certitude qu’au final Philae s’est correctement stabilisé à la surface. Malheureusement Philae n’a pas atterri à l’endroit escompté et les conséquences sont réelles: non seulement l’orientation du module ne lui permettra pas d’optimiser son taux d’ensoleillement- de 6h prévu initialement, 1h30 en réalité maintenant- afin de recharger ses piles, mais cet arrimage délicat rend toutes les analyses prévues périlleuses, et surtout les forages capables d’éjecter le module dans l’espace (Philae ne pèse guerre plus d’un gramme sur la comète, contre 100 kg sur Terre).

Mais le bilan est plutôt positif puisque Philae a finalement pu accomplir 80% des analyses prévues (source ESA) et nous a fait parvenir des photos de la surface d’une comète d’une valeur inestimable. A l’heure actuelle (samedi 15 novembre – 9h00) il semble que Philae soit entrée dans une phase de sommeil puisque sa pile principale s’est épuisée. Mais tout espoir n’est pas perdu de reprendre contact avec lui, les scientifiques pensent même pouvoir reprendre le cours des analyses l’été prochain lorsque la comète croisera le soleil au plus près, fournissant ainsi plus d’énergie à Philae.

A l’heure actuelle nous attendons encore le résultat des analyses qui ont pu aller à terme et transmis à Rosetta, et quels que soient ces résultats, la mission Rosetta-Philae aura eu au moins le mérite d’attirer tous les regards sur Terre, d’effacer le temps d’un moment toutes nos différences, partager avec nous une part de rêve, nous tenir en halène dans une aventure digne des plus grands scénarios (ou scénarii) hollywoodiens qui a commencé il y a plus de 20 ans (en 1993). Alors vous je ne sais pas, mais en ce qui me concerne j’en reprendrais bien encore un peu!

Merci à Rosetta.

Merci à Philae.

Un très grand merci à ces femmes et ses hommes, techniciens, scientifiques, à ceux qui travaillent dans l’ombre à l’ESA ou au CNES et ailleurs, qui ont su une fois de plus être au rendez-vous des grands défis de l’histoire de l’Homme. Grace à eux, nous avons pu toucher du bout des doigts leur succès et au moins le partager et le vivre tous ensemble.

 

L’aventure Rosetta-Philae en images et Vidéos

 



Moment historique à la SAT:

 

 

Churyumov-Gerasimenko / P67

–>VENEZ COMMENTER ET PARTICIPER EN DIRECT A L’EVENEMENT<–

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Compte à rebours de la séparation de Rosetta et Philae le 12 Novembre 2014 à 9h35 CET.

Article évolutif:

Nous essaierons autant que possible de suivre à partir d’aujourd’hui et au jour-le-jour les informations qui nous proviennent du CNES et de l’ESA jusqu’au 12 Novembre 2014 ou la sonde Philae devrait s’aggriper à la comète aux alentours de 17h00 CET.

Lundi 27 Octobre 2014:

Voici les derniers clichés relevés par Rosetta, selon les informations fournies par le CNES la sonde se situerait à une distance moyenne de 7.8km de la comète (ne précise pas si il s’agit du coeur ou de la surface), et chaque photo aurait une précision d’environ 67 à 95cm /pixel, ces photos sont tout simplement époustouflantes et nous laissent admiratifs du travail de la communauté scientifique autour de cette mission exceptionnelle:

Vous pouvez les télécharger pour en améliorer le détail et les regarder avec leur définition native.

Ce n’est pas tout, on a également appris la semaine dernière que Chourioumov-Gerasimenko (appelons-la CG/P67), dégageait également un léger parfum…..d’œuf pourri. Les explications résident dans les composés chimiques qu’elle recele, en voici la liste (surement pas exhaustive), et comme le précisent les scientifiques « vous regretteriez surement d’avoir eu envie de sentir la comète »:

Eau (H2O)
Monoxyde de carbone (CO)
Dioxyde de carbone (CO2)
Ammoniac (NH3)
Methane (CH4)
Methanol (CH3OH)

Mise à jour du 23 octobre, et venant completer la liste:

Formaldehyde (CH2O)
Hydrogen sulphide (H2S) (l’oeuf pourri)
Hydrogen cyanide (HCN)
Sulphur dioxide (SO2)
Carbon disulphide (CS2)

Spectre de masse haute résolution du Spectromètre de masse de Focalisation Double de ROSINA'S ( Double Focusing Mass Spectrometer - DFMS), pris le 10 octobre à distance de 10 km du centre de comète. Le graphique montre la détection de sulfure d'hydrogène et l'isotope plus lourd du soufre, 34S. Le graphique montre le ratio entre l'intensité et la masse/charge (m/z). Image K. Altwegg, Université de Berne

Spectre de masse haute résolution du Spectromètre de masse de Focalisation Double de ROSINA’S ( Double Focusing Mass Spectrometer – DFMS), pris le 10 octobre à distance de 10 km du centre de comète. Le graphique montre la détection de sulfure d’hydrogène et l’isotope plus lourd du soufre, 34S. Le graphique montre le ratio entre l’intensité et la masse/charge (m/z). Image K. Altwegg, Université de Berne

 

Mardi 28 Octobre 2014:

Aujourd’hui est à marquer d’une « petite » pierre blanche car c’est officiellement aujourd’hui que le compte à rebours vient de commencer pour Philae. En effet depuis 12h59 UTC (soit 13h59 CET) Rosetta vient de mettre les gaz pour amorçer l’approche de la comète CG-P/67 (de son nouveau petit nom) et le positionnement de la sonde afin de larguer Philae vers son destin. L’opération a durée en tout 82 secondes et a modifié la vélocité de rosetta d’un « delta-v » de -0,081 m/s (les connaisseurs apprécieront ) , voici d’après une petite animation de quoi il résulte et la position finale de rosetta après le « 12 » fatidique:

 

Rosetta commence donc a s’éloigner de la comète pour entamer une orbite elliptique, dans 3 jours le 31 octobre Rosetta entamera une nouvelle manœuvre qui la positionnera définitivement sur l’orbite de « préparation » située à environ 30 km de la comète et ce n’est que le 12 novembre précisément que Rosetta amorcera une descente jusqu’à une distance de 22,5 km, 2 heures avant de libérer Philae.

Quoi qu’il en soit, les photos prises ces derniers jours à une dizaine de kilomètres de la comète seront les seules (pour le moment) à avoir été prises d’aussi près, et çà c’est déjà une TRÈS grande prouesse.

 

Jeudi 30 Octobre 2014:

La video du jour nous vient de l’ISS – dont on a appris la mésaventure du lanceur qui devait ravitailler la station hier- et c’est l’astronaute Alexander Gerst qui nous fait une démonstration « ludique » de la difficulté que représente l’amarrage du module Philae; évidement les proportions des masses ne sont pas identiques, et son petit dé n’est pas équipé de harpons même si il a remplacé par une surface adhésive, mais l’intention est là et l’image plutôt représentative du challenge que devra relever Philae le 12 Novembre prochain:

 

 

Lundi 3 Novembre 2014:

A l’heure actuel Rosetta a du se mettre en orbite préparation a un trentaine de kilomètres de la comète.

Le decompte fatidique est en route pour le lancement du module le 12 Novembre. A ce sujet le CNES vient de publier une note qui confirmer qu’il sera possible d’assister en direct a cet événement international. Il sera en effet possible d’assister a la descente puis au harponnage de Philae en direct dans 3 centres en France:

  • La Cité des Sciences et de l’Industrie à Paris (Ouverture des portes à 15h30)
  • La Cité de l’Espace à Toulouse (ouverture des portes à 10h)
  • Le Musée de l’Air et de l’Espace au Bourget (ouverture des portes à 15h30).

Mais ce n’est pas tout, car le CNES précise également -sans plus de détails pour le moment- que l’événement sera egalement retransmis sur internet! Nous attendons bien évidement d’en savoir plus. Voici en attendant une planche recapitulative de ce 12 novembre:

Rosetta-Philae-12Nov2014

 

Mercredi 5 Novembre 2014:

Le « site J » porte désormais un nom beaucoup « romantique » puisqu’il a été baptisé « Agilkia ». Mais d’ou sort ce nom, et comment a-t-il été choisi?

C’est un jury -composé des membres du comité du module PHILAE- qui après délibération suite à un concours a porté son dévolu sur Agilkia. C’est finalement le français Alexandre Brouste qui à remporté ce concours parmi 8000 propositions venant de 135 pays, Mr Brouste a donc été naturellement invité à assister à l’événement en direct du CNES à Toulouse; Agilkia a été proposé 150 fois. Mais que signifie ce nom et quel lien avec Philae?

Agilkia est en réalité le nom d’une île sur le Nil en Egypte et c’est un endroit hautement symbolique puisqu’il abrite le temple d’Isis dont le nom est… Philaé

 

Pour finir (pour aujourd’hui), voici 3 videos montrant dans le détail les instruments de Philae et leur fonction:

 

Les instruments de la mission Rosetta from CNES on Vimeo.

rosetta_chiffres

Revue de presse de l’actualité astronomique

ESA

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CNES

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NASA

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JPL

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Un site d’atterrissage pour Philae

La mission Rosetta a choisi un point d’atterrissage à la surface de 67P/Churyumov-Gerasimenko pour son module Philae. L’annonce  provient des responsables de l’ ESA à Paris.

La zone -le site « J »- est proche du sommet du plus petites des deux excroissances , ou la tête de la comète, que certains ont associé à la forme d’un canard depuis que la sonde Rosetta s’est approchée de la comète le 6 Août dernier. La sonde est la première à accompagner une comète au fur et à mesure que le soleil réchauffe et active les jets de gaz et de poussières. Cet atterrissage, prévu le 11 Novembre prochain, sera la première mission à prélever des échantillons de poussière et de glace et d’en analyser les composantes.

 

philae_landing_spot

 

Les scientifiques et ingénieurs ont choisi le site d’atterrissage, une zone en forme d’ellipse d’environ un quart de kilomètre, d’après une liste de 5 candidats choisis pendant un meeting de 2 jours a Toulouse. Le site « C » sera la solution de secours, dans l’hypothèse ou le site « J » montre d’éventuel problèmes dans les prochaines inspections. « La zone n’est pas complètement plate » déclare Stephane Ulamec, le responsable de l’atterrissage du module Philae de l’agence spatiale en Allemagne à Berlin, « même à cet endroit le risque reste élevé ».

philae_J_site

Le site a été choisi sur la base de plusieurs critères. L’un d’entre eux était l’état de la surface: les responsables voulaient éviter les rochers, les falaises ou les pentes qui pourraient renverser le module. Avec ses deux harpons placés sous son ventre pour l’aider à s’ancrer, Philae peut s’accommoder avec les différentes résistivités des matériaux à la surface de la comète. Des relevés récents montrent que la poussière à la surface est tendre, avec des grains fins et duveteuse, et s’adapte très bien avec les capacités du module.

Philae_harpoons

La dynamique de la descente était également une considération importante pour la sélection. Pendant environ 7 heures, le module va tomber, sans propulsion, sous l’effet de la faible gravité de la comète, et les responsables du projet souhaitent maintenir le contact avec Rosetta aussi longtemps que possible. Ils souhaitent également éviter les régions actives de jets de gaz et de poussières afin de ne pas altérer la trajectoire du module. Pour ces raisons, ils ont choisi une région sur la petit excroissance, qui ne semble pas montrer d’activité.

Pendant ce temps là, l’équipe ne veut pas être trop écarté de la manœuvre. Holger Sierks chercheur au « Max Planck Institute for Solar System Research » à Gottingen, et le principal expert de l’appareil photo scientifique de Rosetta, était émerveillé de constater qu’il y avait 2 fosses cylindriques situées à 500 et 600 mètres du site d’atterrissage. « Nous avons récemment constater d’après les relevés que ces deux fosses pourraient être actives » a dit H. Sierks.

Enfin, les Scientifiques ont également leur mot à dire. La plupart d’entre eux veulent également un échantillon de cette poussière noire riche en éléments organiques dont ils estiment qu’elle n’a pas été modifiée depuis la formation du système solaire il y a plus 4,5 Milliards d’années. Pour cette raison, ils veulent éviter les régions qui ont été actives pendant les précédentes rencontres avec le soleil. « Nous voulons prélever une matière la plus intacte que possible », déclare Jean-Pierre Bibring responsable scientifique de Philea à l’institut d’astrophysique d’Orsay.

source: « Science.com » – Septembre 2014